Attentats du 13-Novembre : six mois ferme pour un couple de fausses victimes du Stade de France

Il s'agit de la quatrième condamnation, depuis les attentats de Paris et Saint-Denis, pour tentative d'escroquerie ou escroquerie, envers le fonds de garantie qui indemnise les victimes du terrorisme.

Des supporters de football quittent le Stade de France à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), après l\'interruption liée aux attentats perpétrés à proximité, le 13 novembre 2015.
Des supporters de football quittent le Stade de France à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), après l'interruption liée aux attentats perpétrés à proximité, le 13 novembre 2015. (FRANCK FIFE / AFP)
franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Ils se sont fait passer pour les victimes de l'attentat au Stade de France, le 13 novembre 2015. Un couple de vendeurs à la sauvette, des Serbes de 36 et 47 ans, a été condamné, mercredi 11 janvier, par le tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis), à un an de prison, dont six mois ferme. Le parquet avait requis un an de prison ferme, jugeant leur comportement "innommable".

Il s'agit de la quatrième condamnation, depuis les attentats de Paris et Saint-Denis, pour tentative d'escroquerie ou escroquerie envers le FGTI, le fonds de garantie qui indemnise les victimes du terrorisme. La peine la plus lourde - 3 et 6 ans ferme - a été prononcée par le tribunal de Grasse (Alpes-Maritimes) à l'encontre d'un couple qui avait perçu 60 000 euros après avoir prétendu avoir été "soufflé" par une explosion aux abords du Stade.

Leur téléphone bornait à Aulnay-sous-Bois

Le couple condamné à Bobigny mercredi était bien à Saint-Denis pour vendre des écharpes le soir du 13 novembre 2015. Mais ils ont dit être victimes du troisième kamikaze. Or, à l'heure où il a actionné sa ceinture d'explosifs, ils avaient déjà quitté les lieux.

C'est ce que les enquêteurs, alertés par le parquet de Paris sur plusieurs incohérences dans leur dossier, ont découvert en contrôlant leur téléphone portable. Au moment de l'explosion, il bornait à Aulnay-sous-Bois, où ils habitent.

Un mensonge pour rembourser leurs dettes

Placés en garde à vue mercredi, l'homme handicapé à 80% et son épouse, enceinte de leur deuxième enfant, ont commencé par nier. Puis, dans le box du tribunal, visiblement bouleversés, ils ont dit "regretter" avoir menti aux policiers et aux médecins.

Ils ont tenté de se justifier en évoquant un couple d'amis, réellement blessés. Ces derniers leur auraient dit de "faire comme eux", pour obtenir de quoi rembourser les milliers d'euros de dettes de leur loyer et éviter l'expulsion.

"Ce sont des gens désemparés"

"Ce sont des gens tellement désemparés qu'ils ne se sont pas rendu compte de la portée de leur acte. On est dans le procès de ce que la misère, pécuniaire comme intellectuelle, peut produire", a défendu leur avocat, Olivier Monin.

L'avocat du Fonds de garantie, qui recevra un euro symbolique, avait lui réclamé une peine qui "marque". Et déploré que le travail de la structure, qui a déjà indemnisé 2 434 victimes du 13-Novembre, soit "perturbé" par ces fausses victimes qui croient jouer à "la roue de la fortune".