Devant les enquêteurs, Abdeslam présente Abaaoud comme le responsable des attentats de Paris

Selon BFMTV, le jihadiste a minimisé son implication dans les attaques du 13 novembre, chargeant son frère, Brahim, ainsi qu'Abdelhamid Abaaoud. 

La photo de Salah Abdeslam, principal suspect encore vivant après les attentats de Paris, publiée mardi 17 novembre 2015 par la police fédérale belge.
La photo de Salah Abdeslam, principal suspect encore vivant après les attentats de Paris, publiée mardi 17 novembre 2015 par la police fédérale belge. (POLICE FEDERALE BELGE)
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Selon son avocat, il est "un trésor d'informations". Salah Abdeslam a commencé à s'expliquer devant les enquêteurs depuis son arrestation à Bruxelles le vendredi 18 mars. Selon BFMTV, qui a eu accès à sa première audition par la police fédérale belge, le jihadiste a présenté Abdelhamid Abaaoud comme le responsable des attaques du 13 novembre à Paris.

Selon Politico Europe, les enquêteurs belges n’auraient entendu qu'une heure Salah Abdeslam entre son arrestation vendredi soir et le double attentat de mardi. Ils ne l'auraient pas interrogé sur la possibilité d’autres attentats, mais se seraient concentrés sur sa participation aux attentats de novembre, ajoute le site d'informations. Le Monde, lui, parle de deux heures d'audition.

Abdeslam affirme n'avoir vu "qu'une fois" Abaaoud

Salah Abdeslam charge principalement Abdelhamid Abaaoud. "Je le sais via mon frère Brahim. C'est lui qui m'a expliqué qu'Abaaoud était le responsable [des attentats du 13 novembre]. J'ai vu Abaaoud à Charleroi la nuit du 11 au 12 novembre 2015. C'est la seule fois que j'ai vu Abaaoud de ma vie", a-t-il déclaré. Les deux hommes ont pourtant été condamnés ensemble pour braquage en 2010, rappelle la chaîne d'informations. En novembre, des habitants de Molenbeek confiaient à francetv info que les deux hommes se connaissaient de longue date.

Il dit avoir agi à la demande de son frère Brahim

Salah Abdeslam indique encore "avoir loué des voitures et des hôtels à la demande" de son frère Brahim, qui a commis un attentat suicide au Comptoir Voltaire, à Paris, le 13 novembre 2015. C'est aussi son frère aîné qui lui aurait remis sa ceinture explosive en vue de l'opération, indique BFMTV.

Il ne confirme qu'une identité de complices : celle de Bilal Hadfi

Parmi les auteurs des attaques à Paris, il ne confirme, selon Le Monde, que "l’identité de Bilal Hadfi, pas des deux autres kamikazes du Stade de France dont il dit 'ignorer le rôle'".

Il confie avoir "renoncé" à se faire exploser

Salah Abdeslam a "renoncé" à se faire exploser au Stade de France lorsqu'il a "stationné le véhicule". "J'ai déposé mes trois passagers puis j'ai redémarré. J'ai roulé au hasard", affirme-t-il. L'ex-fugitif indique avoir ensuite erré dans le métro avant de contacter "une seule personne : Mohamed Abrini". Pourtant, l'enquête a démontré que Salah Abdeslam avait contacté plusieurs personnes avant que deux amis ne viennent le chercher depuis la Belgique.

Il donne peu de détails sur sa cavale

Salah Abdeslam a été peu loquace sur les endroits où il s'est caché entre les attentats du 13 novembre et son arrestation le 18 mars. Le Monde affirme qu'il a juste indiqué s'être caché à Schaerbeek, une commune de l'agglomération de Bruxelles, puis à Forest, grâce à Mohamed Belkaid, tué le 14 novembre pour protéger la fuite de son ami.

Il veut partir en France "le plus vite possible"

Le Français, résident belge, âgé de 26 ans, soupçonné d'avoir été une cheville ouvrière des attentats du 13 novembre, veut désormais aller en France "le plus vite possible", a déclaré jeudi son avocat à la presse.