Attentat raté sur les Champs-Elysées : l'assaillant voulait faire de son véhicule "un engin explosif", selon François Molins

Une enquête en flagrance a été ouverte par le parquet antiterroriste, après cette tentative d'attentat qui a visé des gendarmes sur les Champs-Elysées, lundi 19 juin, à Paris.

Le procureur de Paris, François Molins, donne une conférence de presse, le 18 avril 2017.
Le procureur de Paris, François Molins, donne une conférence de presse, le 18 avril 2017. (MARTIN BUREAU / AFP)
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Adam Djaziri, l'auteur de l'attaque contre des gendarmes sur les Champs-Elysées, voulait faire de son véhicule "un engin explosif", a déclaré le procureur de Paris, François Molins, lors d'une conférence de presse, jeudi 22 juin. Une enquête en flagrance a été ouverte par le parquet antiterroriste, après cette tentative d'attentat. Franceinfo fait le point sur ce qu'il faut retenir de cette conférence de presse.

Sur les armes

Un arsenal impressionnant a été découvert dans la voiture d'Adam Djaziri, mais aussi à son domicile. Deux bouteilles de gaz, plusieurs cartons avec des cartouches de différents calibres, un grand sac avec 28 chargeurs, une carabine, plusieurs couteaux, dont des couteaux multi-pointes, des briquets ainsi qu'une besace calcinée comprenant de nombreux projectiles ont été saisis par la police.

Ce stock d'armes témoigne de la "préparation indiscutable d'une action violente", a commenté François Molins. "L'arsenal découvert dans le véhicule atteste en effet de l'ampleur de l'action terroriste projetée qui, si elle avait abouti, aurait pu avoir des conséquences humaines dramatiques", a assuré le procureur.

Les perquisitions au domicile de l'auteur ont permis de faire d'autres découvertes, notamment huit bidons vides de poudre de rechargement de munitions, de 500 grammes chacune. Pour les enquêteurs, "cette poudre noire a pu être utilisée" pour confectionner des munitions, "mais il convient aussi de relever que cette poudre peut servir à la confection d'un engin explosif artisanal", a expliqué le procureur. Les enquêteurs ont par ailleurs noté "la présence curieuse d'une couscoussière entourée de chatterton pouvant également servir à cette fin".

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Sur ses intentions

Dans "une lettre-testament" expédiée "à des proches par la Poste le 19 juin", retrouvée par les enquêteurs, l'homme reconnaît avoir voulu rejoindre la Syrie, mais il explique en avoir été empêché "par des apostats contre l'Etat islamique". Dans ce courrier, il prête également allégeance au groupe terroriste.

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Sur son parcours

Concernant le profil de l'assaillant, le procureur a livré quelques précisions. "On sait qu'il s'est marié civilement en avril 2009 à une femme de nationalité tunisienne et que deux enfants sont issus de cette union. (...) Il a fait l'objet, le 31 août 2015, d'une fiche S de la DGSI et a fait plusieurs séjours en Turquie", a rappellé François Molins.

Au total, l'homme avait effectué trois voyages en Turquie en 2016 sous couvert d'une activité "réelle ou supposée" de négoce d'or, a-t-il ajouté.

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Sur les zones d'ombre

De nombreuses interrogations persistent sur le mode opératoire et la personnalité de l'assaillant. "Quel était donc le projet précis de l'auteur ? Avait-il prédéterminé sa cible ? Avait-il choisi le lieu ? Comment avait-il conçu son dispositif qui, selon toute vraisemblance, avait pour objet de faire de son véhicule un engin explosif ?" Autant de questions sur lesquelles devront se pencher les enquêteurs.