Sécurité : le SCSI dénonce un manque de "coordination" entre les administrations dans le traitement des fiches "S"

Christophe Rouget, membre du Syndicat des Cadres de la Sécurité Intérieure, a critiqué jeudi sur franceinfo la législation entourant les fiches "S". 

Dossiers sur un bureau de la police. Image d\'illustration. 
Dossiers sur un bureau de la police. Image d'illustration.  (CHRISTOPHE PETIT TESSON / MAXPPP)
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L'assaillant des Champs-Élysées Adam Dzaziri détenait 9 000 munitions, deux bonbonnes de gaz et un fusil d'assaut dans la voiture qui lui a servi à foncer sur un fourgon de police. L'auteur de l'attaque, âgé de 31 ans, était fiché "S" et faisait l'objet d'un mandat d'arrêt de la justice tunisienne. Il était également amateur de stands de tir, et était titulaire d'une autorisation de transport pour arme sportive. Cette autorisation lui avait été délivrée par la préfecture.

Pour Christophe Rouget, membre du Syndicat des Cadres de la Sécurité Intérieure (SCSI), il n'est pas envisageable qu'un individu fiché "S" soit en possession d'une autorisation de détention d'arme car il pratiquait le tir sportif. Invité sur franceinfo, il appelle à la "coordination" et à la "simplification de la chaîne des services de renseignement". Selon lui, "les officiers de police doivent pouvoir se connecter aux différents services, aux différents fichiers pour améliorer la connaissance de l'individu."

Nous avons un problème, c'est que plein de fichiers ont été créés. Ces fichiers sont indépendants, avec des logiciels différents, avec des problèmes informatiques, et tout ça est devenu très compliqué pour les services de renseignement à gérer

Christophe Rouget, membre du Syndicat des Cadres de la Sécurité Intérieure (SCSI)

à franceinfo

"La fiche "S", poursuit le syndicaliste, "c'est juste un élément qui permet aux policiers des services de renseignements de mettre une balise sur une personne. Si cette personne est contrôlée à tel endroit, on donne cette info aux services de renseignements, ça va pouvoir affiner leurs connaissances".

Christophe Rouget rappelle également la complexité de traitement des fiches "S" pour les autorités. Chaque cas doit être géré au cas par cas. "On peut aussi avoir intérêt par exemple, à ce que la personne aille dans un club de tir pour la surveiller dans le cadre d'une enquête judiciaire et pour pouvoir l'interpeller. Il faut s'adapter en fonction des situations."

"Il faut faire évoluer notre législation", Christophe Rouget, membre du Syndicat des Cadres de la Sécurité Intérieure

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