Prof juif blessé à Marseille : la section antiterroriste se saisit des faits

Un mineur armé d'une machette a blessé ce lundi matin un enseignant juif, devant la mairie du 9e arrondissement de Marseille. Bernard Cazeneuve a dénoncé une "révoltante agression antisémite" et la section antiterroriste s'est saisie de l'enquête.

(L'agresseur a été très vite arrêté par la police © RF/ Gilles Halais)
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Légèrement blessée au dos et à la main, la victime est un professeur de 35 ans, enseignant à l'Institut franco-hébraïque, selon le consistoire israélite de Marseille. Il a été attaqué alors qu'il se rendait au travail, sa kippa sur la tête.

"Au nom de Daech"

Son agresseur dit avoir agi "au nom d'Allah" et de Daech, a déclaré Brice Robin, le procureur de la République. La section antiterroriste du parquet de Paris se saisit des faits et l'enquête en flagrance est ouverte des chefs de "tentative d'assassinat aggravé en raison de l'appartenance de la victime à une religion et en relation avec une entreprise terroriste" et "d'association de malfaiteurs criminelle et menaces de mort sur personne dépositaire de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste."

L'enquête est confiée conjointement à la Direction interrégionale de la Police judiciaire de Marseille, à la SDAT (sous-direction antiterroriste) et à la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure).

L'agresseur est un adolescent, de nationalité turque et d'origine kurde, qui aura 16 ans la semaine prochaine. "Il a revendiqué avoir agi au nom de Daech car les musulmans de France déshonorent l'islam et l'armée française garde les Juifs" a ajouté le procureur, en précisant que cette revendication s'est faite au moment de son interpellation et non pas au moment de l'agression. 

L'adolescent est scolarisé dans un lycée de Marseille où il est bon élève. Il semble avoir le profil d'une personne qui s'est radicalisée sur internet, a poursuivi le procureur. Il n'est pas connu des services de renseignement et n'a pas d'antécédents judiciaires, ni psychiatriques, a-t-il précisé.

François Hollande a dénoncé un acte "innommable et injustifiable".

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait rapidement réagi sur Twitter.

Agression antisémite

Pour le procureur, "il s'agit à l'évidence d'une agression à caractère antisémite" avec une "forme de préméditation" .  Roger Cukierman, le président du Crif, le Conseil représentatif des institutions juives de France, s'est dit "atterré" et très "choqué" . De son côté, Manuel Valls, le Premier ministre, s'est dit "révulsé".