Les RG réapparaissent, six ans après leur disparition

Un Service central de renseignement territorial, présent dans chaque département, a été créé en mai. Ses missions sont très proches des anciens Renseignements généraux.

Le Service central de renseignement territorial est chargé de surveiller les mouvements de protestation violents.
Le Service central de renseignement territorial est chargé de surveiller les mouvements de protestation violents. (CITIZENSIDE / ELIOT BLONDET / AFP)
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Les RG sont de retour. Créés en 1908 pour renseigner le gouvernement sur l'état de l'opinion et surveiller hommes politiques, journalistes, responsables économiques et sociaux, les Renseignements généraux ont été démembrés en 2008, à l'occasion d'une réforme du ministère de l'Intérieur. Leurs effectifs ont alors été dispersés dans d'autres structures.

A la place, un Service central de renseignement territorial (SCRT) a vu le jour, en mai 2014. Repéré par BFM Business mercredi 31 décembre, un rapport sur l'activité de la délégation parlementaire au renseignement pour l'année 2014, déposé le 18 décembre par le sénateur UMP de la Vienne Jean-Pierre Raffarin, dresse un premier bilan de son action.

Un quota d'écoutes téléphoniques autorisées

Implanté dans chaque département, le SCRT est composé de 1 900 fonctionnaires de police (contre 3 900 pour les ex-RG) et de quelques dizaines de gendarmes, auxquels s'ajoutent 700 policiers de la préfecture de police de Paris également chargés du renseignement, indique BFM Business. Les effectifs devraient augmenter en 2015.

Par ailleurs, les nouveaux RG se sont vu attribuer 108 autorisations d'écoutes téléphoniques par an, "octroyées pour deux motifs : la lutte contre l'économie souterraine et contre le hooliganisme". En revanche, il ne disposera d'une véritable base documentaire qu'à l'horizon 2016-2017, d'après le rapport parlementaire.

Des missions semblables à celles des ex-RG

"Les renseignements recherchés concernent tous les domaines de la vie institutionnelle, économique et sociale susceptibles d'entraîner des mouvements revendicatifs ou protestataires", indique le rapport parlementaire. Pour BFM Business, cela signifie que les activités des militants qui contestent des projets d'aménagements, comme le futur aéroport de Notre-Dame des Landes ou le barrage de Sivens, ainsi que les grèves dans les entreprises, sont en ligne de mire du Service central de renseignement territorial.

"Désormais, notre pays a retrouvé un service de renseignement généraliste qui lui permet de suivre les grandes évolutions sociales, des phénomènes de contestation violente et de délinquance organisée", souligne le rapport parlementaire. "Si le nom change, les missions restent voisines de celles des anciens RG", analyse BFM Business. Pourtant, le 17 juin 2013, Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, avait affirmé que "les Renseignements généraux ne [seraient] pas recréés".