Attentat contre "Charlie Hebdo" : le déroulé des événements

Des hommes cagoulés ont pris d'assaut le siège du journal satirique. Le bilan était d'au moins douze morts en début de soirée. 

Deux hommes armés montent à bord d'un véhicule après l'attaque menée dans les locaux de "Charlie Hebdo", à Paris, le 7 janvier 2015.
Deux hommes armés montent à bord d'un véhicule après l'attaque menée dans les locaux de "Charlie Hebdo", à Paris, le 7 janvier 2015. (ANNE GELBARD / AFP)
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Des hommes cagoulés ont attaqué le siège du journal Charlie Hebdo, à Paris, mercredi 7 janvier. Le bilan est de douze morts, en début de soirée. Onze personnes sont blessées, dont quatre dans un état grave. Francetv info déroule le fil des évènements.

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11h20 : des hommes cagoulés font irruption dans l'immeuble  

Vers 11h20, deux hommes vêtus de noir, cagoulés et armés chacun d'une kalachnikov et d'une arme de type fusil d'assaut, se présentent au siège de Charlie Hebdo, 10 rue Nicolas-Appert, dans le 11e arrondissement de Paris, dans une Citroën C3 noire. "Une collègue a vu deux personnes cagoulées armées de kalachnikov et de gilets pare-balles entrer dans l'immeuble, raconte à francetv info une personne travaillant dans le même immeuble que le journal satirique. On a entendu des coups de feu pendant environ dix minutes. On s'est immédiatement barricadés dans nos locaux."
 
Une fois dans l'immeuble, les deux assaillants demandent où se trouve exactement les locaux de Charlie Hebdo. Puis ils font feu sur les deux personnes chargées de l'accueil, tuant l'une d'eux, selon le procureur de Paris. Ils se rendent ensuite au deuxième étage, où se trouve la rédaction de Charlie Hebdo. "Les deux hommes ouvrent alors le feu sur les personnes rassemblées pour la conférence de rédaction", explique à l'AFP une source policière. 
 
Huit journalistes, un policier et un invité sont morts. Parmi eux, figurent le directeur de la publication et grande signature du journal, Charb, et trois autres dessinateurs, Cabu, Tignous et Wolinski. Le policier était chargé de la protection de Charb, qui n'a pas eu le temps de riposter. Une seule personne, qui a réussi à se cacher sous une table, en réchappe. Elle entend les deux hommes crier "nous avons vengé le prophète" et "Allahou Akbar", en allusion possible à des caricatures du prophète Mahomet publiées en 2006, 2011 et 2012 dans Charlie Hebdo.

11h30 : ils quittent les lieux en blessant par balle un policier

Vers 11h30, un appel à police-secours fait état de tirs au siège de Charlie Hebdo. Des policiers sont dépêchés immédiatement sur place. Les deux agresseurs prennent la fuite en criant de nouveau "Allahou Akbar". Un échange nourri de coups de feu s'ensuit. Sur des images filmées par un journaliste de Premières Lignes depuis un immeuble proche, on entend des coups de feu et des voix. 

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Selon les informations de France 2, des témoins ont également entendu les hommes crier à nouveau : "Le prophète est vengé !"

Selon le procureur de Paris, ils prennent ensuite la rue de l'allée Verte, perpendiculaire à la rue Nicolas-Appert. "Ils se trouvent alors face à une voiture de police sérigraphiée. Des échanges de coups de feu ont lieu entre eux et la police, sans faire de blessé. Puis ils se retrouvent face à une autre patrouille de police, avec lesquels ils échangent des tirs une nouvelle fois, sans blesser personne", a précisé François Molins dans sa conférence de presse mercredi soir.

Enfin, près du boulevard Richard-Lenoir, ils tirent sur un policier en uniforme d'une trentaine d'années. Lors d'une troisième fusillade face à une patrouille, un policier est touché puis froidement abattu au sol. Selon une vidéo diffusée sur internet, l'homme est touché et se trouve à terre. Les deux hommes sortent alors de leur voiture et s'approchent en courant du policier qui lève la main et leur demande : "Vous voulez me tuer ?". L'un des deux assaillants s'approche de lui en courant et lui répond "C'est bon chef" avant de lui tirer une balle en pleine tête sans s'arrêter, toujours selon cette vidéo diffusée sur internet. Les deux assaillants repartent vers leur voiture sans s'arrêter.

Ils s'enfuient vers le nord de Paris et sont toujours recherchés

Un peu plus loin, place du colonel Fabien, la Citroën C3 percute une autre voiture, et blesse sa conductrice. Celle-ci affirme avoir vu trois individus. Puis ils gagnent le 19e arrondissement, où ils abandonnent leur véhicule rue de Meaux. Leur Citroën C3 a été retrouvée et inspectée en début d'après-midi.

La police examine la voiture utilisée par les assaillants de Charlie Hebdo.
La police examine la voiture utilisée par les assaillants de Charlie Hebdo. (DOMINIQUE FAGET / AFP)

Les assaillants ont ensuite braqué un automobiliste, lui volant sa voiture, une Clio, pour continuer leur fuite. Porte de Pantin, ils s'enfuient vers le Nord à bord de cette voiture. Les forces de l'ordre ont ensuite perdu leur trace. Ils sont pistés par toutes les polices de Paris et de banlieue. Les policiers du Raid ont été déployés en Seine-Saint-Denis, zone de recherches privilégiée des forces de l'ordre, indique un journaliste du Figaro.

Tout est mis en œuvre pour "neutraliser le plus rapidement possible les trois criminels qui ont été à l'origine de cet acte barbare", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, à l'issue d'une réunion de crise à l'Elysée.