Quatorze naufragés français du paquebot Concordia, qui s'est échoué le 13 janvier près de l'île italienne du Giglio, faisant 32 morts, demanderont mercredi 9 mai au juge des référés de Nanterre (Hauts-de-Seine) d'ordonner une expertise psychologique et le versement d'une provision de 50 000 euros chacun. Ces cinq familles françaises, qui résident à La Réunion et en métropole, ont refusé l'indemnisation de 11 000 euros proposée par la compagnie Costa Croisières, propriétaire du paquebot, et réclament la nomination d'un expert pour évaluer leur préjudice psychologique, selon leur avocate, Laurie Franchitto.

Pour ces naufragés qui n'ont pas subi de dommage corporel lors de l'accident, mais ont perdu leurs bagages, le stress post-traumatique est important, aux dires de leur conseil. "Certains ont essayé de reprendre le travail mais n'y sont pas parvenus. Des enfants font des cauchemars. L'un de mes clients n'arrive pas à dormir plus de quatre heures la nuit. Il est sans cesse réveillé par le bruit du bateau [heurtant l'écueil]", explique Laurie Franchitto.

Une somme "hors de proportion"

L'assignation vise la succursale française de la compagnie Costa Croisières, basée à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), comme l'avait fait un collectif regroupant 70% des 462 naufragés français du Concordia. Le juge des référés du tribunal de grande instance de Nanterre leur avait donné raison le 13 février en prolongeant de trois mois le délai imparti pour accepter ou refuser l'indemnisation proposée par Costa Croisières.

Selon son avocat, Patrick Simon, la compagnie italienne a fait appel du jugement et attend la décision. Le conseil de Costa Croisières considère par ailleurs le montant de la provision réclamée comme étant "hors de proportion". "Nous ne sommes pas aux Etats-Unis où l'on alloue des indemnités astronomiques", argue-t-il.  Pour Laurie Franchitto, la somme de 50 000 euros est au contraire "tout à fait raisonnable" par rapport à celle demandée par un cabinet américain qui a déposé en janvier une plainte en nom collectif ("class action") contre Costa Croisières et sa maison mère Carnival, basée à Miami. Une plainte à laquelle se sont associées une cinquantaine de victimes françaises.