Manifestations après la mort de Shaoyao Liu : une note de la DGSI pointe l'implication des "autorités chinoises"

Selon un document de la DGSI auquel franceinfo a eu accès, les autorités chinoises seraient impliquées dans les manifestations provoquées par la mort de Shaoyao Liu, un ressortissant chinois, tué par un policier à Paris.

Un policier face à des manifestants protestant contre la mort d\'un ressortissant chinois, tué par un policier à Paris, le 28 mars 2017.
Un policier face à des manifestants protestant contre la mort d'un ressortissant chinois, tué par un policier à Paris, le 28 mars 2017. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
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"Les autorités chinoises" sont "activement impliquées dans le pilotage des manifestations" organisées pour dénoncer la mort d'un père de famille chinois, Shaoyao Liu, dimanche à Paris, révèle une note confidentielle de la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieur) rédigée le 29 mars, que franceinfo a pu se procurer, après les révélations du Parisien vendredi matin.

Des associations "inhabituellement mobilisées"

Les renseignements français s'intéressent aux manifestants qui se réunissent tous les soirs à Paris depuis la mort de Shaoyao Liu, un Chinois de 56 ans. Les manifestations n'ont plus vraiment "de caractère spontané", peut-on lire sur la note de la DGSI. Les associations représentatives de la communauté chinoise de France "apparaissent inhabituellement mobilisées" et ces initiatives de la communauté "sont très étroitement pilotées par les autorités diplomatiques et consulaires chinoises".

Des mots d'ordre diffusés via les consulats et les relais communautaires

Cette note révèle également la participation de certaines personnalités, comme un chef d'entreprise bien connu de la police et identifié pour ses liens avec les institutions de son pays.

La note de la DGSI indique par ailleurs que l'ambassade de Chine a demandé aux consulats et à ses différents relais communautaires de "maintenir la pression sur les autorités françaises, adopter le slogan 'Je suis Chinois' pour faire écho à 'Je suis Charlie' et veiller à ce que les manifestations ne sortent pas du cadre de la légalité". Ces mots d'ordre sont diffusés via Weixin, une messagerie instantanée très utilisée par la communauté chinoise.