Deux groupes d'extrême droite reçoivent leur lettre de dissolution

Il s'agit notamment des Jeunesses nationalistes, mouvement fondé par Alexandre Gabriac, et de L'Œuvre française, d'Yvan Benedetti.

Le fondateur des Jeunesses nationalistes, Alexandre Gabriac (C) et deux gardes du corps place du Capitole, à Toulouse, le 9 juin 2013.
Le fondateur des Jeunesses nationalistes, Alexandre Gabriac (C) et deux gardes du corps place du Capitole, à Toulouse, le 9 juin 2013. (REMY GABALDA / AFP)
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Le document se présente comme une "procédure de dissolution" en vertu du code de la sécurité intérieure, selon nos confrères du Dauphiné Libéré. Après les déclarations du Premier ministre, qui disait vouloir dissoudre certains groupuscules d'extrême droite après la mort de Clément Méric, la préfecture du Rhône a confirmé, mardi 25 juin, avoir notifié deux de ces mouvements : L'Œuvre française et les Jeunesses nationalistes. Ils ont dix jours pour présenter leurs contre-arguments.

"A ce stade, il s'agit de demander à ces deux associations des éléments pour leur défense dans le cadre d'une procédure contradictoire", précise la préfecture dans un communiqué. Il est reproché à ces deux associations "des propos et des actes qui mettent en cause l'intégrité de la République en propageant une idéologie incitant à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance ou non-appartenance à une ethnie, une nation ou une race".

Deux groupes nostalgiques du pétainisme

Les Jeunesses nationalistes ont été fondées en octobre 2011 par Alexandre Gabriac, jeune élu Front national exclu du parti après la diffusion d'une photo le montrant en train de faire le salut nazi. Actif à Lyon et dans sa région, le mouvement a multiplié les actions coup de poing pour attirer l'attention.

Nostalgiques du pétainisme, ils considèrent les néonazis grecs d'Aube Dorée comme leurs camarades. Leur charte ne reconnaît pas "la légitimité du présent ordre démocratique et mondialiste" et assure qu'un "naturel français" est "issu de souche européenne".

Proches des catholiques intégristes de Civitas, les Jeunesses nationalistes sont en quelque sorte la branche activiste de L'Œuvre Française, groupuscule antisémite et pétainiste beaucoup plus ancien, longtemps présidé par Pierre Sidos, et aujourd'hui dirigé par Yvan Benedetti, très proche d'Alexandre Gabriac. Bras droit de Bruno Gollnisch dans la campagne de succession à Jean-Marie Le Pen au FN, Yvan Benedetti a lui aussi été exclu des rangs frontistes.

Gabriac veut "continuer le combat"

"Notre avocat travaille déjà à un contre-argumentaire", a déclaré à l'AFP Alexandre Gabriac, en marge d'une conférence de presse à Lyon. "Lorsqu'un chien mord, c'est qu'il a peur. Si le système mord aujourd'hui, c'est qu'il a peur de cette jeunesse qui se lève contre lui. Quelle que soit l'issue, le combat continuera. Ce n'est pas un décret signé par un président de la République que nous ne reconnaissons pas qui va nous empêcher de diffuser nos idées", a ajouté le conseiller régional Rhône-Alpes.