La Guadeloupe est le département le plus meurtrier de France

La plupart des homicides sont le fait des règlements de comptes entre petits dealers de marijuana et de crack. Mais la violence intrafamiliale ou au sein d'un cercle de connaissances est également exacerbée sur l'île.

Des Guadeloupéens manifestent le 30 juin 2013 à Petit-Bourg (Guadeloupe), après la mort de six personnes d'une même famille.
Des Guadeloupéens manifestent le 30 juin 2013 à Petit-Bourg (Guadeloupe), après la mort de six personnes d'une même famille. (EDDY NEDELKOVSKI / AFP)
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37 meurtres pour 400 000 habitants depuis début 2013 : avec ce chiffre, la Guadeloupe détient un triste record national. Celui-ci lui vaut des comparaisons avec la Corse et Marseille. Et la visite, prévue en octobre, du ministre de l'Intérieur Manuel Valls. Il y a urgence : 44 homicides, assassinats ou décès résultant de violences volontaires ont été recensés en 2011, 36 en 2012 et déjà 37 depuis janvier, selon les chiffres officiels communiqués jeudi 12 septembre. Loin des 15 règlements de comptes à Marseille (Bouches-du-Rhône) en 2013.

La plupart sont le fait de la criminalité crapuleuse et des règlements de comptes entre petits dealers de marijuana et de crack. L'alcool et la drogue sont aussi les deux éléments clés des meurtres, selon La 1ère. Une douzaine relève de la violence gratuite, intraconjugale, intrafamiliale ou intra-amicale, "sans intention de donner la mort", observe Frédéric Peyran, le directeur départemental de la Sécurité publique (DDSP). "Le passage à l'acte est plus facile ici, les disputes et les rixes dégénèrent plus vite, c'est impulsif, réactif", ajoute-t-il.

"Des meurtres pour des peccadilles"

"On tue et après on se rend compte qu'il est trop tard quand les effets des drogues et de l'alcool se sont dissipés : la plupart des meurtres le sont pour des peccadilles", affirme Dimitry Zandronis, un réalisateur guadeloupéen. Il s'est vu confier par le conseil général la réalisation de spots télévisés contre les violences faites aux femmes. "Un jeune a été tué parce que son pote a fait un compliment à une jeune fille" à la sortie d'un night-club de la marina de Pointe-à-Pitre, rappelle-t-il.

Et d'un autre côté, souligne Guy Etienne, le procureur de la République de Pointe-à-Pitre, "l'Etat est dans l'incapacité de mettre un policier derrière chaque individu, surtout à 5 heures du matin quand se produit ce genre de drame".

Des gendarmes et des policiers en renfort

En juin dernier, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, alerté par les forces de l'ordre et les élus, a justement annoncé l'affectation provisoire de 75 gendarmes mobiles. Des policiers supplémentaires ont aussi été envoyés dans la zone de sécurité prioritaire (ZSP) couvrant des quartiers de Pointe-à-Pitre et des Abymes.

Les gendarmes nouvellement affectés multiplient les contrôles routiers, notamment pour rechercher des armes. Leur présence, voyante, semblerait avoir fait baisser le nombre de braquages pendant l'été. Cette période est plus critique, avec des pics de criminalité attribués aux jeunes Guadeloupéens de métropole venus en vacances.