Les précédentes attaques dont a été victime "Charlie Hebdo"

Des tirs d'armes automatiques ont fait  au moins douze morts au siège du journal, dans le 11e arrondissement de Paris, mercredi 7 janvier. 

Les locaux de l'hebdomadaire satirique "Charlie Hebdo", à Paris, le 19 septembre 2012.
Les locaux de l'hebdomadaire satirique "Charlie Hebdo", à Paris, le 19 septembre 2012. (THOMAS SAMSON / AFP)
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Des hommes lourdement armés ont attaqué, mercredi 7 janvier, en fin de matinée, le siège de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, situé dans le 11e arrondissement de Paris. Au moins douze personnes sont mortes dans cette attaque, selon le parquet de Paris. Ce n'est pas la première fois que le journal est la cible d'attaques. Francetv info revient sur les précédents.

>> Attentat contre Charlie Hebdo : suivez la situation en direct

Des menaces proférées en 2006

En 2006, la une de Charlie Hebdo suscite de vives critiques. Il s'agit d'une caricature de Mahomet, publiée sous le sous-titre "Mahomet débordé par les intégristes", avec le prophète qui se cache les yeux et dit : "C'est dur d'être aimé par des cons." A l'intérieur, d'autres caricatures apparaissent : l'hebdomadaire avait accepté la publication, dans ce numéro, des 12 caricatures de Mahomet d'abord parues dans le quotidien danois Jyllands-Posten, lui-même cible de dizaines de menaces de morts et de tentatives d'attentats. D'où la une de Charlie Hebdo, qui réagissait à ces menaces dont étaient victimes les dessinateurs danois.

Le journal satirique français est alors poursuivi en justice par plusieurs associations musulmanes, dont la Grande Mosquée de Paris. Mais surtout, il est la cible de menaces. Des menaces graves, qui conduisent la police à protéger certains journalistes et le siège du journal.

Un incendie après le tir d'un cocktail Molotov en 2011

Dans la nuit du 2 novembre 2011, le siège de Charlie Hebdo alors situé au 62, boulevard Davout, dans le 20e arrondissement de Paris, est détruit  par un incendie d’origine criminelle. L'incendie se déclenche "aux alentours de 1 heure" du matin après l'envoi d'un cocktail Molotov contre les vitres. Puis le feu dévaste entièrement les locaux, rapporte alors Rue89. Il n'y a pas de blessés.

"Cette attaque est clairement une réaction à la sortie (...) d'un numéro spécial de l'hebdomadaire satirique rebaptisé 'Charia Hebdo', avec le prophète Mahomet comme rédacteur en chef, afin de célébrer la victoire du parti islamiste Ennahdha aux élections tunisiennes dimanche et aux premières déclarations des dirigeants libyens favorables à la Charia et à la polygamie", écrit alors Rue89.

La direction du journal précise que l'incendie serait bien lié à la publication de Charia Hebdo, en ajoutant "sur Twitter, sur Facebook, on a reçu pas mal de lettres de protestation, de menaces, d'insultes".

Les auteurs de l'incendie ne seront jamais retrouvés. 

Le piratage de son site internet en 2011 et en 2012

Au même moment, en novembre 2011, le site internet de l'hebdomadaire satirique est aussi piraté deux fois. D'abord, la page d'accueil est remplacée par une photo de La Mecque et des versets du Coran. Puis elle est remplacée par un message en anglais et en turc disant : "Des dessins dégoûtants et honteux en prétextant la liberté d'expression" avant de conclure : "Soyez maudits par Dieu ! Nous serons votre malédiction sur le cyberespace !"

L'attaque est revendiquée par un groupe de hackers turcs nommé Akincilar, qui lutte "contre les publications qui attaquent nos croyances et nos valeurs morales et qui proposent des contenus pornographiques et satanistes". Le groupe ajoute n'avoir "rien à voir avec l'agression au cocktail Molotov des locaux de Charlie Hebdo" et qu'il ne soutient "pas du tout ce type d'attaque perpétrée avec violence". La société Bluevision, en charge de l'hébergement du site, refuse de le remettre en ligne après des menaces de mort.

Le site internet de Charlie Hebdo est à nouveau piraté en septembre 2012, après la publication de nouvelles caricatures de Mahomet, en une et dans le journal, au moment où ont lieu des manifestations contre le film américain anti-islam, L'innocence des musulmans. "Apparemment, c'est une attaque encore plus massive qu'en 2011", déclare alors Charb à Libération. Il ajoute n'avoir pas reçu de menaces, mais sa page Facebook est submergée de commentaires, positifs ou négatifs, sur les caricatures du prophète publiées par l'hebdomadaire.