Il se rendait à la maternité pour voir sa fille qui venait d'accoucher. Un retraité de 65 ans a porté plainte après avoir reçu début février plusieurs coups d'un policier en civil lors d'un contrôle routier à Paris qui a dégénéré. Pour appuyer sa plainte, déposée le 13 février, Didier Léon a apporté une vidéo, filmée d'un étage par des riverains. Il affirme, mercredi 5 mars, à nos consœurs de France 3, ne pas avoir vu le brassard du policier et donc n’a pas pu l’identifier comme agent de police. 

Ces images amateurs montrent un homme penché dans l'habitacle d'une voiture à l'arrêt dans l'est parisien. Il assène une dizaine de coups au conducteur. Le retraité, qui ne conteste pas avoir pu commettre une infraction au Code de la route, dit avoir vu un motard en civil s'arrêter à sa hauteur et lui dire : "Police. Garez-vous. On va s'expliquer." Didier Léon explique dans sa plainte n'avoir pas cru, dans un premier temps, que cet homme, "très agressif" selon lui, soit policier, et redémarre. Mais le motard, rejoint par d'autres fonctionnaires, le rattrape, passe le buste par la fenêtre, coupe le contact et saisit les clés.

"Vous n'avez pas le droit de le tabasser comme ça!"

Didier Léon dit s'être senti "violemment agressé" et avoir cherché à s'enfermer. C'est à ce moment que, selon la vidéo, celui qui est bien un policier porte ses coups. De son côté, Didier Léon reconnaît avoir cherché à maintenir par la force dans l'habitacle la tête du fonctionnaire, en le saisissant fortement par le cou.

Durant la séquence, le retraité appelle au secours et, selon sa plainte, demande aux témoins d'appeler la police. Le brassard du policier est au sol. Quelques témoins se pressent autour de la voiture d'où est extrait Didier Léon, qui dit avoir alors compris qu'il avait affaire à des policiers avant d'être mis au sol. Un témoin s'exclame : "Vous n'avez pas le droit de le tabasser comme ça !"

Six jours d'ITT pour le retraité

Selon un document consulté par l'AFP, cet informaticien retraité de la fonction publique s'est vu délivrer une interruption temporaire totale de travail (ITT) de six jours. Ces faits font l'objet d'une enquête préliminaire confiée par le parquet de Paris à la direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne. En revanche, la procédure pour refus d'obtempérer et rébellion qui visait Didier Léon a été classée.

"A l'origine de cette affaire, il y a une infraction routière", commente-t-on à la préfecture de police, qui se refuse à tout commentaire sur les violences. L'avocat du retraité, Eric Plouvier, dénonce pour sa part une "réponse manifestement disproportionnée au désarroi d'un concitoyen", s'indigne d'une "pluie de coups" et relève que la "qualité de policier, cela doit s'exprimer clairement".

Extrait de la vidéo filmée par des riverains à Paris le 7 février 2014, qui montre le contrôle de police d'un retraité qui dégénère. 
Extrait de la vidéo filmée par des riverains à Paris le 7 février 2014, qui montre le contrôle de police d'un retraité qui dégénère.  (VIDEO AMATEUR / FRANCE 3)