Six mois de prison avec sursis pour le policier auteur de la première bavure mortelle au Flash-Ball

Ce procès était attendu par les tenants d'une interdiction des lanceurs de balles de défense.

Xavier Crubezy, policier jugé pour homicide involontaire après la mort d\'un homme atteint par un tir de Flash-Ball, le 27 janvier 2017, au palais de justice de Marseille (Bouches-du-Rhône).
Xavier Crubezy, policier jugé pour homicide involontaire après la mort d'un homme atteint par un tir de Flash-Ball, le 27 janvier 2017, au palais de justice de Marseille (Bouches-du-Rhône). (BORIS HORVAT / AFP)

Franceinfo

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C'est la première bavure mortelle au Flash-Ball répertoriée en France. Un policier marseillais, qui avait tué en 2010 un homme de 45 ans en faisant usage de cette arme lors d'une interpellation mouvementée, a été condamné à six mois de prison avec sursis, vendredi 3 mars.

Le tribunal correctionnel de Marseille a également prononcé la dispense de mention de cette peine sur le casier judiciaire du fonctionnaire, jugé pour homicide involontaire. Le policier a dix jours pour faire appel du jugement, ce que n'a pas exclu son avocate.

"Je n'ai absolument pas tiré pour tuer"

Xavier Crubezy, qui exerce aujourd'hui dans les CRS, avait atteint au niveau du thorax, avec un projectile, Mustapha Ziani, un résident d'un foyer de travailleurs qui venait de blesser l'un de ses voisins à coups de couteau, s'était retranché dans sa chambre et avait jeté une tasse à la face du policier. L'homme âgé de 45 ans était mort le lendemain d'un arrêt cardiaque.

L'enquête avait démontré que Xavier Crubezy, qui utilisait le Flash-Ball pour la première fois lors d'une intervention mais y avait été formé, avait utilisé son Flash-Ball à environ 4,40 m, alors que l'administration exige une distance minimale de 7 m.

"Je pardonne au policier"

"Je n'ai absolument pas tiré pour tuer", avait assuré le fonctionnaire à l'audience, le 27 janvier. Disant regretter "les tragiques conséquences de [son] tir", le gardien de la paix avait dit n'avoir pas eu d'autre choix que de faire usage de cette arme, présentée comme non-mortelle. "Je pardonne au policier", avait déclaré lors de l'audience la fille de la victime, Nabila Ziani.