Condamnée pour diffamation après une plainte du FN, la maire de Paris fait appel

Anne Hidalgo avait affirmé que le Front national, fondé en 1972, avait "soutenu" la collaboration avec les nazis.

La maire de Paris, Anne Hidalgo, le 9 mars 2016.
La maire de Paris, Anne Hidalgo, le 9 mars 2016. (CITIZENSIDE / PATRICE PIERROT / AFP)
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Pour la justice, c'est de la diffamation. La maire de Paris, la socialiste Anne Hidalgo, a été condamnée, vendredi 11 mars, à une amende de 500 euros avec sursis pour avoir affirmé que le Front national, fondé en 1972, avait "soutenu" la collaboration avec les nazis. Dans la foulée, Anne Hidalgo a annoncé, dans un communiqué, qu'elle allait faire appel de cette décision.

Le 24 septembre 2012, alors première adjointe de son prédécesseur à la mairie de Paris, Anne Hidalgo avait déclaré sur i-Télé : "L'histoire a du sens, le Front national n'est pas un parti qui s'est constitué dans le cadre républicain, c'est un parti qui a lutté contre la République, qui a soutenu pendant la guerre la collaboration avec les nazis."

Un euro de dommages et intérêts pour le FN

Le tribunal correctionnel de Paris a, en outre, condamné Anne Hidalgo à verser un euro de dommages et intérêts au parti d'extrême droite, et 2 000 euros pour les frais de justice. 

"Je constate que pour le tribunal, l'honneur et la considération du Front national valent un euro", a réagi avec gourmandise l'avocat de la maire de la capitale, Jean-Pierre Mignard. "Nous n'avions pas demandé plus", a rétorqué le conseil du FN.

Une "accusation particulièrement grave"

Dans son jugement, le tribunal correctionnel de Paris souligne que le FN, fondé en 1972, "ne peut factuellement avoir soutenu la politique de collaboration durant la guerre" de 1939-1945. 

Ainsi, juge le tribunal, cette "accusation particulièrement grave" a dépassé les "limites admissibles de la liberté d'expression", même dans le cadre d'une polémique politique.