Disparition de Maëlys : une recherche citoyenne organisée pour ne pas "attendre les bras croisés"

Une semaine après la disparition de la petite fille de 9 ans lors d'un mariage, des habitants de Pont-de-Beauvoisin (Isère) et des alentours souhaitent participer aux recherches.

Les gendarmes recherchent des traces de Maëlys, dans la forêt du Pont-de-Beauvoisin, le 30 août 2017.
Les gendarmes recherchent des traces de Maëlys, dans la forêt du Pont-de-Beauvoisin, le 30 août 2017. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)
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Camille CaldiniFrance Télévisions

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"La petite a l'âge de ma fille, ça fait mal au cœur." Nour-Eddine Ghaoui habite à quinze minutes de Pont-de-Beauvoisin (Isère), où Maëlys, 9 ans, a disparu depuis près d'une semaine lors d'une soirée de mariage. Deux hommes placés en garde à vue ont été relâchés sans qu'aucune charge ne soit retenue contre eux. Les gendarmes n'ont toujours pas trouvé la moindre trace de la fillette – et les chances s'amenuisent au fil des jours. Mais Nour-Eddine Ghaoui ne veut pas "rester à attendre les bras croisés". Alors il a décidé, avec quelques amis, de participer aux recherches.

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"Je pensais qu'on aurait trois ou quatre voitures et un petit groupe de 30 personnes", raconte Nour-Eddine Ghaoui à franceinfo. Finalement, sa petite initiative s'est transformée en grande recherche citoyenne, prévue samedi 2 septembre, à laquelle plusieurs centaines d'habitants des alentours annoncent vouloir participer, sur Facebook. "Quand j'ai vu les proportions que ça prenait, j'ai contacté la gendarmerie, parce que ça change tout", explique ce patron d'une société d'informatique, également champion de France de force athlétique (une discipline proche de l'haltérophilie).

"Faire les choses bien, avec les moyens du bord"

Le rendez-vous est donné devant la mairie de la commune, "mais il va falloir le changer, parce qu'il y aura trop de monde pour le parking de la mairie". "Je vais demander aux gens d'arriver en différé, en fonction de leur année de naissance, sinon on ne va pas s'en sortir", détaille l'organisateur. Distribution d'une carte quadrillée et d'un carnet de bord, répartition des groupes par zone de recherche, consignes de sécurité, liste d'équipement à prévoir… "On essaie de faire les choses bien, avec les moyens du bord", poursuit-il, déterminé. "La gendarmerie ne pouvait pas nous fournir ses cartes, alors c'est un ami pilote de ligne qui m'a aidé", explique-t-il encore. Ensemble, ils ont quadrillé "une surface de onze kilomètres sur onze, divisée en vingt-trois zones, avec des groupes de vingt personnes""Ma voisine de bureau, qui fait de l'imprimerie, nous offre gentiment le papier !"

Les gendarmes de l'Isère voient l'opération "d'un œil bienveillant" et vont "tenter d'accompagner" la démarche, confirme à franceinfo le commandant Pertué, responsable des recherches de Maëlys. Impossible de savoir combien de personnes participeront vraiment. "Entre les gens qui l'annoncent derrière leur écran et ceux qui viendront piétiner dans la forêt sous la pluie, il peut y avoir une différence", dit-il "Quelques gendarmes accompagneront" aussi cette recherche citoyenne.

"Après la bataille"

Nour-Eddine Ghaoui et ses amis ont "été briefés""Le plus important, c'est le respect de la propriété privée ; on n'entre pas chez les gens", a-t-il retenu. "Et puis, le téléphone de la gendarmerie est déjà saturé par les voyants et les magnétiseurs, alors il faut qu'on fasse attention à ne pas les appeler pour rien." Depuis presqu'une semaine, leur zone de recherches a déjà été passée au peigne fin. Ces apprentis enquêteurs vont donc arpenter champs et forêt "déjà balayés par des hélicos, des gendarmes à pieds avec des chiens, des plongeurs, des spéléologues… Il ne faudrait pas nous signaler le moindre trognon de pomme", tempère le commandant Pertué.

Nour-Eddine Ghaoui a bien conscience que leurs "chances de retrouver Maëlys sont maigres", mais espère dénicher "une chaussure, un bout de vêtement, peut-être". Il insiste : "Je me mets à la place des parents : si c'était moi, je voudrais que tout le monde se bouge." Le commandant Pertué, lui, a tout de même averti les volontaires qu'ils arrivaient "un peu après la bataille". Le dispositif de recherches des gendarmes a lui été "considérablement allégé" vendredi, en attendant "de voir ce que donne la garde à vue" du premier suspect, relâché depuis, prolongée de 24 heures.