Dijon : le chauffard souffre d'une "psychose ancienne et lourde"

Il n'y avait pas de motivations terroristes chez l'homme soupçonné d'avoir fauché volontairement 13 personnes, dimanche, à Dijon, a précisé la procureure de la République.

Des policiers collectent des preuves, à Dijon (Côte-d'Or), le 21 décembre 2014.
Des policiers collectent des preuves, à Dijon (Côte-d'Or), le 21 décembre 2014. (ARNAUD FINISTRE / AFP)
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L'attaque en voiture qui a fait treize blessés dimanche 21 décembre, à Dijon (Côte-d'Or), "n'est pas un acte terroriste". La procureure de Dijon, Marie-Christine Tarrare, a annoncé lundi 22 décembre que l'homme qui a fauché volontairement treize piétons souffre d'une "psychose ancienne et lourde". Il a été placé en garde à vue et devrait être déféré devant la justice mardi pour des faits de tentative d'assassinat, selon la magistrate.

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Francetv info fait le point sur ce que l'on sait du suspect.

C'est un Français âgé de 40 ans

L'homme, qui aura 41 ans début janvier, est de nationalité française et vivait chez ses parents. Sa mère, algérienne, et son père, marocain, se sont installés à Dijon en 2000. Le chauffard travaillait dans un établissement pour adultes handicapés et bénéficiait par ailleurs de l'allocation adultes handicapés.

Il était connu pour des délits

Le conducteur était connu de la police de Strasbourg pour un vol de véhicule, en 1992, et un vol avec arme, en 1996. Son casier judiciaire ne fait toutefois état que d'une seule condamnation par une juridiction helvétique, en 2008, pour avoir facilité une entrée irrégulière sur le territoire suisse.

Il présente un "problème psychiatrique lourd et ancien"

L'homme a été interpellé en possession d'un pilulier contenant plusieurs médicaments. Il était sous traitement pour un "problème psychiatrique lourd et ancien", ainsi que pour les suites d'une ancienne toxicomanie. Selon Marie-Christine Tarrare, le suspect présente une "psychose à délire mystique" et aurait été diagnostiqué schizophrène il y a plusieurs années.

Le chauffard a effectué "157 passages en milieu psychiatrique entre février 2001 et novembre 2014". Il a été hospitalisé pour la dernière fois entre septembre et octobre 2014, durant dix-huit jours. L'homme a, à chaque fois, été interné de son propre chef, a indiqué la procureure. Un expert doit effectuer des analyses psychiatriques complémentaires afin de se prononcer sur une éventuelle abolition du discernement du chauffard.

Il a agi par "empathie" avec les Tchétchènes

Lors de son audition par la police de Dijon, le suspect a indiqué avoir ressenti une "bouffée d'empathie pour les enfants tchétchènes" en regardant une émission de Noël, dimanche après-midi, et avoir décidé de réagir face à ce qu'il considère comme une injustice. Il a envisagé de s'en prendre à des policiers et des militaires, avant de décider de passer à l'acte en voyant des piétons dans les rues de Dijon. Lors de son interpellation, il a en revanche évoqué le sort des "enfants palestiniens", ce qui souligne l'incohérence de ses propos, selon Marie-Christine Tarrare.

Le chauffard, qui reconnaît avoir agi "volontairement" et "seul", n'a jamais été en possession de drapeaux du groupe Etat islamique. Il a affirmé avoir crié "Allahou Akbar" ("Dieu est le plus grand") durant l'attaque pour se donner du courage et non par revendication religieuse. "Il s'agit de l'œuvre d'un déséquilibré et absolument pas d'un acte terroriste", a conclu Marie-Christine Tarrare, qui a ajouté que le suspect serait présenté devant un juge d'instruction, mardi 23 décembre.