Ce que l'on sait sur les manifestations interdites du blogueur pro-viol et anti-féministe Roosh V

Les meetings organisés par cet Américain partout dans le monde ont provoqué des levées de boucliers. Roosh V voulait organiser des manifestations à Nantes et à Paris, samedi, avant qu'elles soient interdites. 

Capture d'écran d'une vidéo YouTube du blogueur anti-féministe Roosh V. 
Capture d'écran d'une vidéo YouTube du blogueur anti-féministe Roosh V.  (YOUTUBE)

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Des manifestations dans 43 pays différents, dont la France, "interdites aux femmes, aux homosexuels et aux transsexuels". Tel était le projet du blogueur anti-féministe et pro-viol Roosh V, prévu samedi 6 février.

Mais après une levée de boucliers de plusieurs associations, le blogueur américain a annoncé l'annulation des meetings : "Je ne peux plus garantir la sécurité ou la confidentialité des hommes qui voudraient venir le 6 février", a-t-il écrit sur son site internet. Francetv info fait le point sur ce que l'on sait de ces rassemblements ouvertement misogynes. 

Qui est Roosh V, le blogueur pro-viol ? 

Sur son site, intitulé The Return of Kings (Le retour des rois, en français), Daryush Valizadeh, de son vrai nom, dispense des conseils violents et misogynes pour "draguer" des femmes. Exemple : "Isoler la fille dans un bar" et "arrêter de demander sa permission", note L'Obs

Suivi par environ 20 000 personnes sur Twitter et Facebook, comme l'indique Le Figaro, cet Américain de 36 ans prône surtout ouvertement le viol "dans le cadre privé". Dans un article de février 2014, intitulé "Comment arrêter le viol" et cité par The Independent (en anglais), il écrit : "Je propose que nous rendions les violences sexuelles sur une femme non punissables par la loi, si elles n'ont pas lieu sur la place publique."

Que prévoyaient ces rassemblements ?

Roosh V voulait rassembler ses partisans dans plusieurs villes d'Inde, d'Australie, des Etats-Unis, du Canada, de Belgique et de Suisse, note Le Figaro. En France, deux manifestations étaient prévues à Paris et à Nantes. Organisé à 20 heures place de la République, dans la capitale, le rendez-vous était interdit aux transsexuels, aux homosexuels et aux femmes, précise L'Obs.

Face à la levée de boucliers provoquée par cet appel, le blogueur a été contraint d'effacer les sites de certains rendez-vous, pour les remplacer par des adresses e-mail, explique le magazine. Roosh V a finalement été contraint d'annuler les meetings. Une pétition en ligne contre ces meetings a été adressée aux maires de Paris, Nantes, Bâle et Buxelles. Elle a récolté 16 676 signatures. 

Comment ont réagi les pouvoirs publics ?

En France, Pascale Boistard, la secrétaire d'Etat chargée des Droits des femmes, a pris la parole, après l'annonce de l'annulation. "L'appel international au rassemblement des pro-viols annulé. Nous n'aurions pas laissé se tenir de telles manifestations sur le territoire", a-t-elle écrit sur Twitter.

A Montréal ou à Bruxelles, les rassemblements ont été directement interdits par les pouvoirs publics. "Toute personne participant à ce rassemblement revendicatif pourra se retrouver en infraction", a affirmé le cabinet d'Yvan Mayeur, le bourgmestre de la capitale belge, cité par la RTBF. Interrogé par Le journal de Montréal, Denis Coderre, le maire de la ville, a déclaré qu'il n'était "pas question qu'on accepte ce type d'individu ici. Il n'y a pas de place pour les homophobes et les misogynes à Montréal."