Qui est Setih Boumeza ? L'homme qui a retenu en otage quatre employés dans une banque de Toulouse mercredi 20 juin se revendiquait d'Al-Qaïda pour expliquer son geste. Mais, selon plusieurs sources, il s'agit surtout d'un jeune déséquilibré en rupture de traitement.

• Quelles revendications ?

Mercredi, Setih Boumeza fait irruption à 10 heures dans une agence bancaire du quartier de la Côte-Pavée, à quelques centaines de mètres de l'endroit où le "tueur au scooter", Mohamed Merah, a été tué par les policiers du Raid en mars dernier. Il demande de l'argent, mais apparaît fragile, peu cohérent aux yeux des employés, qui refusent.

Le jeune homme sort alors une arme et prend en otage quatre salariés. Il affirme agir au nom d'Al-Qaïda. Il insistera durant les discussions sur les "convictions religieuses" qui l'animeraient, une motivation qu'il demandera aux autorités de relayer auprès de la presse. "Mon frère est un musulman croyant mais pas intégriste", rétorque sa sœur lors d'un entretien à l'Agence France-Presse accordé avant de se rendre sur place pour négocier sa reddition. "Nous sommes sortis en boîte, nous avons bu de l'alcool", se souvient-elle.

De son côté, le procureur de la République de Toulouse a indiqué que le preneur d'otages avait eu "des revendications religieuses imprécises". Setih Boumeza n'avait pas "pas d'antécédent judiciaire", le procureur faisant état d'un casier judiciaire vierge. 

• Un jeune déséquilibré en rupture de traitement ?

Selon la sœur du forcené, Setih Boumeza travaille dans le "bâtiment". Il "avait été placé à la Ddass quand il était petit", raconte-t-elle, décrivant son frère, né "dans une famille nombreuse" comme quelqu'un qui "a la rage et a peur du monde extérieur".

Présenté comme un schizophrène par une source proche du dossier, le jeune homme "était en rupture de soins depuis des mois et des mois vis-à-vis de l'hôpital Marchant", selon une source médicale toulousaine, citée par l'AFP. Ne souhaitant pas préciser la pathologie dont est atteint le jeune homme, cette source a ajouté qu'il pouvait s'agir "de soins librement consentis ou bien de soins sans consentement".

Mais cette seconde hypothèse est la moins vraisemblable car "en cas de rupture de soins non consentis, on ne laisse pas les gens dans la nature""Si le traitement est interrompu, on agit en fonction de la pathologie." En cas de simple névrose ou de déprime, les médecins n'insistent pas. En revanche, "pour des pathologies plus sérieuses (type psychotiques), on relance, on écrit, on téléphone...", indique cette source médicale.