Ce que l'on sait de la diffusion d'une vidéo de viol sur Facebook et Snapchat

Deux hommes ont été mis en examen et placés en détention provisoire, mardi, après la mise en ligne d'une vidéo montrant un viol à Perpignan.

Deux hommes ont été interpellés après la diffusion sur les réseaux sociaux de la vidéo d'un viol, le 3 janvier 2016.
Deux hommes ont été interpellés après la diffusion sur les réseaux sociaux de la vidéo d'un viol, le 3 janvier 2016. (EUGENIO MARONGIU / CULTURA RF / GETTY IMAGES)
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Deux hommes ont été mis en examen et placés en détention provisoire à Perpignan (Pyrénées-Orientales), mardi 5 janvier, après la mise en ligne de la vidéo d'un viol sur Facebook. La victime a été retrouvée en état de choc à leur domicile, dimanche, puis hospitalisée. Francetv info fait le point sur cette affaire.

Que contient la vidéo ?

La vidéo montre "des jeunes qui partent en scooter avec une fille dans une maison. Ils la font boire, ils la droguent et ils la violent", selon une source judiciaire. La vidéo incriminée, probablement tournée avec un smartphone, est un montage d'un peu moins de cinq minutes.

On y voit deux hommes en survêtement, dont on n'aperçoit jamais le visage, boire du whisky et fumer des joints avec une jeune fille, apathique, qui paraît droguée ou alcoolisée. La vidéo est agrémentée de commentaires écrits dégradants sur leur victime tout au long du viol. La vidéo a été retirée de Facebook dans la matinée de lundi.

Qui a donné l'alerte ?

La vidéo est d'abord apparue sur le réseau Snapchat (une application de partage instantané de photos et de vidéos) avant d'être diffusée sur Facebook, signale France Info. L'existence de ces images a été largement relayée, dimanche, sur les réseaux sociaux par les internautes. La plupart, choqués, ont prévenu en ligne les autorités.

La police d'Evry (Essonne) a, dans un premier temps, reçu "un signalement d'une personne qui a trouvé cette vidéo inacceptable" et a ouvert une enquête en flagrance. Le parquet s'est dessaisi lundi de l'affaire car les faits, d'abord localisés par erreur à Grigny (Essonne), se sont en réalité déroulés à Perpignan (Pyrénées-Orientales).

Que sait-on des suspects et de la victime ?

L'enquête est allée très vite, précise France Bleu Roussillon. Quand la police est arrivée sur les lieux des arrestations, dans un appartement du quartier de la Porte d'Espagne à Perpignan, la victime, âgée de 18 ans, était encore sur place, "prostrée dans un coin de l'appartement".  

Les deux suspects, âgés de 18 et 22 ans, étaient toujours devant leur ordinateur, "en train de se vanter de leurs exploits sur les réseaux sociaux". Les trois protagonistes, qui se connaissaient, s'étaient réunis pour, "selon leurs dires, faire la fête", a déclaré le procureur de Perpignan, soulignant le "contexte d'alcoolisation" de la soirée.

L'avocate du suspect de 22 ans a déclaré, mardi, que son client "clame son innocence tant pour les faits de viol que pour la diffusion de cette vidéo à caractère pornographique". Selon elle, le prévenu considère la jeune femme "comme sa petite amie depuis 5 ans". "Il s'agit de libertinage, peut-être poussé, (...) mais en aucun cas il ne peut y avoir viol, a affirmé l'avocate. Ces faits ne sont pas répréhensibles au sens juridique du terme."

Quelles sont les suites judiciaires ?

Le parquet de Perpignan a ouvert mardi une information judiciaire "pour les chefs de viol en réunion, enregistrement d'images d'un viol en réunion et atteinte à la vie privée". "Des expertises médicales, informatiques, toxicologiques et psychologiques" devront déterminer si "ces relations [sexuelles] ont été intégralement et librement consenties", a précisé le procureur de la république, Achille Kiriakides.

Une source proche de l'enquête a précisé que des poursuites peuvent être engagées pour viol, même si la jeune femme décidait finalement de ne pas porter plainte et de parler de relation "consentie". Il s'agira de déterminer "le degré d'acceptation" de cette relation et de dire si le jugement de la victime était altéré par la contrainte, l'alcool ou la drogue. S'ils sont reconnus coupables, les deux hommes encourent jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle.