Ce que l'on sait de l'auteur présumé des coups de feu dans un lycée de Grasse

Un élève du lycée Alexis-de-Tocqueville, lourdement armé, a été arrêté.

Des gendarmes montent la garde devant le lycée Alexis-de-Tocqueville de Grasse (Alpes-Maritimes), où un jeune homme a été arrêté le 16 mars 2017 après avoir blessé plusieurs personnes avec une arme à feu.
Des gendarmes montent la garde devant le lycée Alexis-de-Tocqueville de Grasse (Alpes-Maritimes), où un jeune homme a été arrêté le 16 mars 2017 après avoir blessé plusieurs personnes avec une arme à feu. (MAXPPP)
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Vincent MatalonFrance Télévisions

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Un jeune homme âgé de 16 ou 17 ans et lourdement armé a été arrêté jeudi 16 mars après avoir ouvert le feu dans l'enceinte du lycée Alexis-de-Tocqueville de Grasse (Alpes-Maritimes). Il était en possession d'un pistolet, d'un fusil, d'un revolver et de deux grenades, a appris franceinfo de source policière.

Prénommé Killian, selon Nice-Matin, le suspect était scolarisé en première littéraire dans l'établissement et était inconnu des services de police. Après avoir dans un premier temps évoqué l'implication d'un deuxième homme en fuite, les enquêteurs interrogés par le quotidien régional assurent désormais que le jeune homme aurait agi seul.

L'adolescent est par ailleurs le fils d'un conseiller municipal de la ville adhérent du RPF, un micro-parti de droite, a appris franceinfo. L'élu n'a pas répondu aux appels de franceinfo. Le maire Les Républicains de Grasse, Jérôme Viaud, a confirmé face à la presse "connaître la famille" du suspect.

"Aucun lien avec une entreprise terroriste"

Aux alentours de 12h45, le jeune homme s'est avancé, une arme à la main, dans la cour de récréation. Une élève a raconté à franceinfo l'avoir vu tirer en l'air. C'est à ce moment-là que le chef d'établissement est intervenu pour tenter de le raisonner.

"Le proviseur a souhaité s'interposer pour apaiser l'élève, le calmer, et malheureusement, il n'y est pas parvenu", a précisé à la presse le président LR de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Christian Estrosi. Le suspect aurait ouvert le feu sur le proviseur à deux reprises à l'aide d'une arme tirant des plombs. Ce dernier, ainsi que deux élèves, ont été légèrement blessés par les balles et transportés à l'hôpital. 

"Aucun lien ne peut être envisagé avec une entreprise terroriste", a indiqué la procureure de la République de Grasse lors d'une conférence de presse. 

Les motivations [du suspect] paraissent liées aux mauvaises relations qu'il entretenait avec certains élèves. Il semblait présenter des difficultés à s'intégrer.

Fabienne Atzori, procureure de la République de Grasse

lors d'une conférence de presse

"Putain, tu mets toujours que des trucs gore"

Dans ses différents profils sur les réseaux sociaux que franceinfo a pu consulter, le jeune homme publiait des dessins faisant référence à un imaginaire morbide et à des rituels satanistes. Dans une vidéo publiée sur Facebook en novembre 2016, il s'affichait derrière un masque à gaz et un masque de clown, une arme vraisemblablement factice à la main. Ces visuels provoquaient parfois un certain dégoût de la part de ses contacts. "Putain Killian tu mais [mets] toujours que des truc gors [gore] lol", écrivait ainsi l'un d'eux en commentaire d'une de ses publications. 

Sur son profil, le suspect avait également mis en ligne le 11 février une photo des deux tireurs de Columbine (Etats-Unis), qui avaient tué 12 lycéens en 1999. Cet intérêt pour cette fusillade se retrouvait également sur sa page YouTube : le jeune homme y avait en effet créé une playlist contenant deux vidéos faisant référence à la tuerie. Il y avait en outre publié une phrase : "Celui qui marquera l’histoire avec votre sang."