Braquage de Kim Kardashian : "Cette affaire va devenir un grand classique"

Dans l'affaire du braquage de Kim Kardashian à Paris, 17 personnes ont été interpellées lundi 9 janvier. Interrogé sur franceinfo, Frédéric Ploquin, spécialiste du grand banditisme, insiste sur le professionnalisme des suspects et sur leur profil.

Kim Kardashian à la cérémonie des MTV Music Awards, le 28 août 2016 à New-York.
Kim Kardashian à la cérémonie des MTV Music Awards, le 28 août 2016 à New-York. (ANGELA WEISS / AFP)
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franceinfoAlexis MorelRadio France

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Lundi 9 janvier, 17 personnes ont été interpellées dans l’affaire du braquage de la star de télé-réalité Kim Kardashian en octobre dernier à Paris. Un préjudice estimé à neuf millions d’euros. La Brigade de répression du banditisme a mis sous les verrous plusieurs suspects connus pour des faits de vols à main armée mais aussi un employé d’une société de chauffeurs de maître dont Kim Kardashian utilise régulièrement les services.

Frédéric Ploquin, journaliste spécialiste du grand banditisme à Marianne, a estimé mardi 10 janvier sur franceinfo que tant sur le mode opératoire que sur le profil des suspects, cette histoire a tout d'un "grand classique".

franceinfo : Ce type de braquage est-il surprenant ?

Frédéric Ploquin : Je pense que cette histoire va devenir un grand classique. On a tous les ingrédients. La qualité de la victime, mondialement connue. Le mode opératoire avec des hommes extrêmement professionnels. Ils ont fait ça très bien, parce qu’il n’y a pas eu de violences exercées sur Kim Kardashian. En même temps, ils ont laissé derrière quelques indices. Il y en a un qui a fait une chute à vélo en laissant tomber un des bijoux volés sur lequel les policiers ont pu extraire une trace ADN.

Comment les policiers ont réussi à remonter jusqu’aux suspects ?

La première énigme que les policiers ont cherché à éclaircir, c’est de savoir qui a donné le 'top départ', car ce qui frappe c’est qu’ils arrivent au bon moment, à un moment où elle est seule, il n'y a pas de garde du corps avec elle. Dans ces affaires, il y a toujours une taupe, c’est un classique. Et est apparu dans le décor un chauffeur, ça aussi c’est un classique. Tous les policiers que j’ai interrogés ont dit qu’il y avait forcément un complice à l’intérieur qui a expliqué aux autres comment se présentaient les choses.


Le profil des suspects vous étonne-t-il ? 

Ce que je trouve incroyable, c’est ce côté transgénérationnel. Le plus jeune a 22 ans, le plus vieux aurait 72 ans. Qu’est-ce qu’il y a de plus intégrateur que le 'milieu français' ? Vous avez des garçons qui sont issus du milieu des cités, quelques anciens qui auraient été les cerveaux, les gens du voyage et la filière d’écoulement des bijoux vers Anvers. Il n’y a jamais de hasard. Le véritable creuset des nouveaux réseaux c’est la prison.

Cela ne me surprendrait pas que certains de ces hommes se soient rencontrés dans les cours de promenade d’une prison. C’est là que les vieux testent les jeunes.

Frédéric Ploquin, spécialiste faits divers à l'hebdomadaire Marianne

à franceinfo

C’est là que le Kabyle, le Manouche, les jeunes des cités, des gens qui dans la vie se regardent de travers, qui vivent dans des secteurs différents, se rencontrent. C’est une espèce de chaudron dans lequel on travaille pour la cause et la cause, dans ce cas, ce sont les diamants de Kim Kardashian".

A-t-on une chance de retrouver un jour ces bijoux, les diamants ?

Evidemment, les diamants se retaillent  et disparaissent facilement... L'essentiel pour Madame Karsdashian et son mari le rappeur, ce n’était pas tellement les bijoux, car ils ont les moyens d’acheter une autre bague de fiançailles. Pour eux, le plus important c’est que les agresseurs de Madame soient un jour coffrés, et jugés. Car si tout se confirme et s’ils sont mis en examen, il y aura un jour un procès qui sera aussi un grand classique auquel assistera la presse mondiale. Ce sera le dernier grand coup du '36 Quai des orfèvres' avant son déménagement. Ce procès va assurer la célébrité mondiale à nouveau de ce service.

Doit-on s’attendre à une recrudescence des attaques contre des particuliers ?

C’est clair que c’est la grande tendance du moment, car le dernier endroit où il reste des valeurs, c’est chez les riches. La plupart de ces attaques ont eu lieu dans la rue et non pas chez les particuliers, c’est plus facile que de s’attaquer à une bijouterie ou à une banque. Ça fait longtemps que le 'milieu' a renoncé à attaquer les banques. Quand vous voyez que vous avez en cinq minutes l’équivalent de neuf millions d’euros de bijoux. Ça fait de grosses valeurs même si à la revente, les diamants perdent 10 à 20% de leur valeur initiale.