Avalanche aux Deux Alpes : pourquoi la décision d'emmener des élèves sur cette piste est difficile à comprendre

La coulée de neige a tué deux élèves et un skieur ukrainien. Le professeur encadrant le groupe a été gravement blessé.

Les opérations de secours interviennent sur le site de l'avalanche aux Deux Alpes, le 13 janvier 2016.
Les opérations de secours interviennent sur le site de l'avalanche aux Deux Alpes, le 13 janvier 2016. (STRINGER / AFP)
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Après le drame, les interrogations. Une avalanche a fait trois morts mercredi 13 janvier sur une piste fermée des Deux Alpes, en Isère : deux lycéens, une jeune fille de 16 ans et un garçon de 14 ans qui a succombé à ses blessures à l'hôpital, ainsi qu'un skieur ukrainien. Les deux lycéens de l'établissement Saint-Exupéry, à Lyon, faisaient partie d'un groupe skiant avec leur professeur, lui-même grièvement blessé.

Comment ces skieurs se sont-ils retrouvés à cet endroit ? La question reste posée, alors que de nombreux signaux auraient dû alerter le groupe. 

La piste était fermée

La piste noire de Bellecombe, sur laquelle s'est produit l'accident, n'était pas ouverte. Cette fermeture était clairement indiquée, selon le témoignage à BFMTV d'un vacancier, Patrick Chaymotty : "J'y étais la veille et un grillage était en place pour indiquer qu'elle était fermée." "Pour quelle raison l'accompagnant, qui est lui-même blessé, les a amenés sur cette piste non ouverte (...), c'est l'enquête judiciaire qui le dira", a commenté le ministre de la Jeunesse et des Sports, Patrick Kanner, sur Europe 1. 

Cependant, selon un témoin cité par Le Dauphiné, la piste en question portait de nombreuses traces et avait été fréquentée toute la journée par des skieurs.

Le risque d'avalanche était élevé

Après les premières importantes chutes de neige de la saison, début janvier, les autorités avaient mis en garde contre un risque élevé d'avalanches dans les Alpes. Le manteau de poudreuse tombé dans la semaine sur la piste verglacée de Bellecombe, à 2 500 mètres d'altitude, la rendait particulièrement dangereuse.

"C'est un cas typique de plaque à vent, c'est-à-dire d'une plaque de neige formée par le vent très fort des derniers jours. La neige fraîche a trop peu adhéré", a expliqué à l'AFP Dominique Létang, directeur de l'Association nationale pour l'étude de la neige et des avalanches.


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Les précautions nécessaires n'avaient pas été prises

Le Dauphiné indique qu'aucun membre du groupe surpris par l'avalanche n'était équipé de détecteur de victime d'avalanche (DVA), un matériel qui signale la présence d'un être humain sous la coulée de neige.  

Dominique Létang, qui est également ancien sauveteur du Peloton de gendarmerie de haute montagne, rappelle sur France Info que pour le hors-piste, les skieurs "doivent être porteurs d'un système de localisation tel qu'un détecteur de victime d'avalanche ou un réflecteur sur les vêtements". Un équipement vital car "on a 90% de chances de sortir vivant d'une avalanche si on est retrouvé avant le premier quart d'heure. Ça passe très vite. Après, on manque d'oxygène", précise-t-il.

Il signale une autre règle de sécurité qui ne semble pas avoir été respectée : "On passe un par un dans la pente lorsque c'est instable, de façon à ne pas emporter trop de gens quand il y a un accident." Reste la question de savoir qui s'est engagé en premier sur la piste : selon le préfet de l'Isère, interrogé sur iTélé, les premiers témoignages font état d'élèves qui devançaient l'encadrant.