Attaque contre un commissariat à Paris : la famille de l'assaillant compte porter plainte

L'avocat de la famille de Tarek Belgacem met en doute la version livrée par le parquet.

Des policiers et des secouristes devant le commissariat de la Goutte-d'Or, à Paris, où un homme a été tué, le 7 janvier 2016.
Des policiers et des secouristes devant le commissariat de la Goutte-d'Or, à Paris, où un homme a été tué, le 7 janvier 2016. (REUTERS)
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La famille de l'homme abattu le 7 janvier devant un commissariat de Paris compte porter plainte contre X pour homicide volontaire, d'après l'avocat de la famille de Tarek Belgacem, qui s'est exprimé mardi 19 janvier. Selon lui, les circonstances de la mort du Tunisien de 24 ans restent à éclaircir.

D'après la version du parquet de Paris, un assaillant s'est rendu ce jour-là devant un commissariat du 18e arrondissement, un couteau de boucher à la main et un engin explosif factice sur lui, avant d'être abattu par des policiers en faction. "Ça a tout l'air d'un homicide volontaire, juge Nasr Azaiez, l'avocat sollicité par le père de Tarek Belgacem. Ils ont tiré pour l'abattre."

"Est-ce que le fait d'exhiber une arme justifie de tuer ?"

Pour l'avocat, la réaction des policiers n'était pas justifiée : "Si on s'en tient à la thèse du parquet, elle explique qu'il a 'exhibé' une hache. Est-ce que le fait d'exhiber une arme justifie de tuer quelqu'un ? Est-ce que c'est proportionné ?" Nasr Azaiez met aussi en doute la version livrée par le parquet sur les témoignages : "D'après les témoins, il n'avait pas de couteau et n'a pas crié 'Allah akbar'. Les témoignages sont unanimes."

La police a retrouvé sur Tarek Belgacem un texte de revendication dans lequel il prêtait allégeance au chef du groupe Etat islamique et un téléphone portable doté d'une puce allemande. L'incident a eu lieu un an jour pour jour après l'attaque contre Charlie Hebdo, qui avait fait 12 morts. Nasr Azaiez explique à francetv info que "pour sa famille, Tarek n'a rien à voir avec le terrorisme" : "Ils en sont sûrs, ils connaissent leur fils."