VIDEO. François Molins : "L'expérience des attentats de janvier nous a servis"

Deux ans après les attentats de janvier 2015, le procureur de la République de Paris a accordé une interview à franceinfo, revenant sur les méthodes d'enquête, sur la prise en charge des victimes du terrorisme mais aussi sur le sort des magistrats.

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Depuis deux ans, son visage est devenu familier pour les Français, lui qui accompagne souvent les mauvaises nouvelles. Alors que la France commémore les attentats qui ont ensanglanté Paris en janvier 2015, François Molins, le procureur de la République de Paris, s'est confié à franceinfo lundi 9 janvier, se penchant notamment sur l'évolution des méthodes d'enquête et de prise en charge des victimes : "A la suite des attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher, on s'est attachés à corriger les imperfections de nos dispositifs. Cette expérience nous a servis, et on a pu la mettre en œuvre dans la gestion des attentats de novembre."

Le procureur, dont la parole est rare dans les médias, a également expliqué pourquoi, à chacune de ses conférences de presse, il commence toujours par saluer les victimes : "On a un devoir d'objectivité, mais qui doit s'exercer dans le respect de la dignité des victimes. Il est tout à fait naturel pour moi d'avoir une pensée pour les victimes du terrorisme et pour leurs proches."

"Il faudrait éviter de citer les noms des terroristes"

François Molins est aussi revenu sur le sort des autres acteurs, notamment les magistrats, confrontés au terrorisme. Interrogé sur l'assistance pyschologique dont bénéficient les juges du parquet, il a salué "une démarche logique" : "Les victimes souffrent, et cela peut aussi générer de la souffrance chez certains acteurs. Il est important, lorsqu'on a été confronté à ce type de situation, de pouvoir verbaliser, de pouvoir en parler, faute de quoi cela peut évoluer et générer des traumatismes à bas bruit." Et le procureur de Paris a tenu à "donner l'exemple" en se confrontant lui-même à ce type de séance : "Ça m'a paru intéressant de pouvoir discuter avec quelqu'un. (...) C'est quelque chose qui mérite d'être reconduit."

Le magistrat a également clamé son opposition à la citation des noms des terroristes dans les médias : "Il faudrait éviter de citer les noms des terroristes, moi je m'en tiens le plus souvent à des initiales. En évitant de parler d'eux, on mettrait peut-être fin au phénomène de glorification." Sans demander une loi régissant ces citations, François Molins veut croire qu'un "code de bonne conduite" pourrait empêcher que "tout soit remis à néant". 

Le procureur de la République de Paris François Molins, le 9 janvier 2017 à Paris.
Le procureur de la République de Paris François Molins, le 9 janvier 2017 à Paris. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)