L'homme qui a filmé la mort du policier après l'attentat de "Charlie Hebdo" s'excuse

Ahmed Merabet a été abattu froidement après l'attentat qui a visé "Charlie Hebdo", mercredi. Les images de son exécution ont fait le tour du monde, symbolisant la terreur en plein cœur de Paris, et choquant profondément la famille du policier.

Capture d'écran de la vidéo filmée par Jordi Mir et mise en ligne le 7 janvier 2015, après l'attentat qui a visé "Charlie Hebdo". 
Capture d'écran de la vidéo filmée par Jordi Mir et mise en ligne le 7 janvier 2015, après l'attentat qui a visé "Charlie Hebdo".  (JORDI MIR / AFP)
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"Comment avez-vous osé prendre cette vidéo et la diffuser ? J'ai entendu sa voix, je l'ai reconnu, je l'ai vu se faire abattre et je continue à l'entendre tous les jours." Ce cri du cœur a été lancé samedi 10 janvier par le frère d'Ahmed Merabet, le policier de la brigade VTT du commissariat central du 11e arrondissement de Paris, froidement abattu dans la rue par les frères Kouachi, mercredi 7 janvier, après l'attentat contre Charlie Hebdo.

Cette vidéo a été publiée sur Facebook puis rapidement retirée, mais largement diffusée sur le web. On y voit Ahmed Merabet, blessé, à terre, qui implore les terroristes de l'épargner. Il se fait abattre froidement après un bref échange avec l'un des frères Kouachi. L'auteur de la vidéo regrette aujourd'hui de l'avoir mise en ligne, évoquant un "réflexe stupide""J'étais complètement paniqué", raconte à Associated Press (en anglais) Jordi Mir, un ingénieur vivant boulevard Richard-Lenoir, où le policier a été abattu. "J'avais besoin d'en parler à quelqu'un. J'étais seul dans mon appartement, j'ai mis la vidéo sur Facebook. C'est mon erreur", dit-il.

Le "réflexe stupide" de Facebook

Jordi Mir explique qu'il a retiré la vidéo 15 minutes après sa publication. Trop tard : elle a eu le temps d'être très partagée et mise en ligne sur YouTube. Moins d'une heure après le retrait de la vidéo, l'ingénieur parisien découvre ses images diffusées à la télévision… Elles vont choquer le monde entier et symboliser la terreur. En France, seul l'hebdomadaire Le Point diffusera sur sa une une image issue de la vidéo.

"Je n'ai pas de mots", raconte Jordi Mir pour expliquer son geste. "Je prends une photo, un chat. Et je la mets directement sur Facebook. C'est le même réflexe stupide", déplore-t-il. Il s'adresse à la famille d'Ahmed Merabet, se disant "terriblement désolé". Il appelle les médias qui diffusent ses images (sans autorisation) à flouter ou couper l'exécution du policier. "Sur Facebook, il n'y a pas de confidentialité. C'est une leçon pour moi."