"Charlie Hebdo" : comment les policiers ont identifié les frères Kouachi

La carte d'identité de l'aîné, Said Kouachi, a été retrouvée dans la voiture abandonnée par les fuyards dans le 19e arrondissement.

Les experts de la police scientifique procèdent à des prélèvements, le 7 janvier 2015, sur la voiture abandonnée par les tueurs de "Charlie Hebdo".
Les experts de la police scientifique procèdent à des prélèvements, le 7 janvier 2015, sur la voiture abandonnée par les tueurs de "Charlie Hebdo". (DOMINIQUE FAGET / AFP)

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Depuis l'attentat au siège de Charlie Hebdo qui a fait au moins douze morts, mercredi 7 janvier, la police a entamé une traque pour retrouver les auteurs de cet acte terroriste. Les enquêteurs sont rapidement partis sur la piste de deux frères, Chérif et Said Kouachi. Voici les éléments qui leur ont permis de les identifier.

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La carte d'identité

Les enquêteurs ont retrouvé la carte d'identité de l'aîné, Said, dans la voiture abandonnée par les suspects dans le 19e arrondissement de Paris.

A partir de cette carte d'identité, la police s'aperçoit qu'il s'agit de vieilles connaissances des services antiterroristes, et elle lance un avis de recherche avec un numéro vert pour les appels à témoins (08 05 02 17 17)

Un élément surprend toutefois les enquêteurs : la différence flagrante entre la maîtrise affichée par les assassins sur les différentes vidéos et l'erreur grossière que constituerait l'oubli d'une carte d'identité. Plusieurs hypothèses sont envisagées par Nicolas Comte, du syndicat de police Force ouvrière, sur BFMTV. "L'erreur est humaine" et il peut s'agir d'une simple étourderie des suspects. Selon nos confrères de France 2, la thèse d'une fausse piste créée par les auteurs de l'attentat est mise à mal par les prélèvements ADN sur la carte d'identité et ceux réalisés dans la voiture. Ils correspondent à un profil génétique similaire.

Les prélèvements dans la voiture

La police scientifique a réalisé de nombreux prélèvements dans la C3 abandonnée par les tueurs pour tenter de trouver des empreintes digitales, des traces ADN et même l'odeur des suspects. 

Sur BFMTV, Nicolas Comte, du syndicat de police Force ouvrière, indique que ses collègues ont sans doute amassé d'autres preuves matérielles, comme des munitions ou des traces à l'intérieur des véhicules. "Ils sont sortis avec les kalachnikovs mais ont oublié les chargeurs dans la Citroën, ça s'est passé en quelques secondes", raconte à Libération un témoin de la scène.

L'analyse des images

Les enquêteurs ont aussi analysé les différentes vidéos amateurs tournées pendant la fuite des tueurs, près des locaux de l'hebdomadaire, qui leur ont permis de rapidement tirer des conclusions sur leur profil.

Sur les images, les deux hommes tiennent leurs kalachnikovs serrées près du corps, tirent au coup par coup et non en rafales, "ce qui démontre qu'ils ont été entraînés à s'en servir et qu'ils n'ont pas pu agir sur un coup de tête", assure un policier cité par l'AFP.  

"Ce sont des individus qui ont l’habitude des armes de guerre, qui réagissent comme des personnes entraînées, sur des stands de tir, mais surtout sur des vraies zones de conflit", a confirmé Claude Moniquet à francetv info. Pour cet ancien agent de renseignement de la Direction générale de la sécurité extérieure, la "piste syrienne et du jihad" pourrait être plausible.