Attentats de Paris : deux proches d'Amedy Coulibaly mis en examen

Trois membres de l'entourage du jihadiste, responsable de la prise d'otages meurtrière de l'Hyper Cacher à Paris en janvier, avaient été placés en garde à vue lundi.

Capture d\'écran d\'une vidéo diffusée par le jihadiste Amedy Coulibaly, le 11 janvier 2015.
Capture d'écran d'une vidéo diffusée par le jihadiste Amedy Coulibaly, le 11 janvier 2015. ( AFP )
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franceinfo avec AFP et ReutersFrance Télévisions

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Deux proches d'Amedy Coulibaly, l'un des auteurs des attentats de janvier à Paris, ont été mis en examen, vendredi 13 mars, pour "participation à une association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes contre les personnes", indique, vendredi 13 mars, le procureur de Paris.

Après leur mise en examen par des juges antiterroristes, les deux hommes doivent comparaître vendredi devant un magistrat spécialisé pour statuer sur un placement en détention provisoire, comme l'a requis le parquet, ou une remise en liberté.

Ce que l'on sait de Amar R.

Selon le parquet, le premier mis en examen, Amar R. (33 ans) a été en contact à de très nombreuses reprises avec Amedy Coulibaly, qui a tué une policière municipale à Montrouge (Hauts-de-Seine) le 8 janvier, puis quatre juifs lors de sa prise d'otages, le lendemain, au supermarché Hyper Cacher porte de Vincennes à Paris, où il a trouvé la mort.

Le procureur précise qu'Amar R. a échangé avec Coulibaly près de 600 SMS sur quatre mois et l'a rencontré à plus de dix reprises, "en particulier les 5 et 6 janvier", à la veille des attentats. Actuellement en détention pour une affaire de droit commun, Amar R. est le compagnon d'une gendarme qui avait également été entendue, mais dont la garde à vue avait été levée mercredi. Il a connu Amedy Coulibaly lors de son passage à la maison d'arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis), où il a également été en contact avec Mickaël A., mis en examen dans le dossier des attentats le 20 janvier, notamment pour association de malfaiteurs terroriste.

Selon son avocat, Me Régis Méliodon, son client n'est pas impliqué dans des actes terroristes. "On lui reproche d'avoir été en relation à de multiples reprises avec Amedy Coulibaly et l'instruction a démontré, je l'espère, que tout cela n'était que des relations amicales", a-t-il détaillé sur BFMTV.

Ce que l'on sait de Said M.

L'autre homme mis en examen vendredi est Said M. L'ADN de cet homme de 25 ans a été identifié sur la lanière d'un taser retrouvé dans le magasin Hyper Cacher, précise le procureur. Il a été en contact très régulier avec Amar R. et il est établi que les deux hommes ont détruit ensemble leurs puces de téléphone portable le 9 janvier, ajoute le parquet. 

Le procureur a également précisé que "rien ne [permettait], à ce stade des investigations, d'impliquer [Amar R. et Said M.] dans la tentative d'assassinat commise à Fontenay-aux-Roses le 7 janvier". Ce jour-là, dans cette ville des Hauts-de-Seine, au soir de la tuerie de Charlie Hebdo, où les frères Kouachi avaient abattu douze personnes, un joggeur avait été grièvement blessé par plusieurs balles de pistolet et son agresseur avait pris la fuite.

Deux personnes relâchées

La garde à vue de la compagne d'Amar R., une adjudante de gendarmerie également interpellée lundi, avait été levée mercredi. Le jeune femme, convertie à l'islam, avait été suspendue de ses fonctions début février. Selon Le Canard enchaîné, son compagnon avait pu entrer grâce à elle dans la caserne de Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), où se trouvent deux services de renseignement de la gendarmerie. Une quatrième personne a également été relâchée.

La piste des soutiens logistiques dont a pu bénéficier Amedy Coulibaly a déjà permis aux enquêteurs d'arrêter à la fin janvier quatre hommes parmi ses connaissances. Ils étaient les seuls à être mis en examen jusqu'ici dans l'enquête sur les attentats jihadistes, qui ont fait, au total, 17 morts en plus des trois tueurs, Amedy Coulibaly et les frères Saïd et Chérif Kouachi.