Affaire Théo : des artistes dénoncent les violences policières dans "Libération"

Parmi les signataires de cette tribune : Patrick Bruel, Hugues Auffray, Josiane Balasko, Jean Benguigui, Nils Tavernier, le directeur du festival d'Avignon Olivier Py ou encore Anne Roumanoff.

Un manifestant brandit une pancarte de soutien à Théo, le 11 février 2017 à Toulouse (Haute-Garonne).
Un manifestant brandit une pancarte de soutien à Théo, le 11 février 2017 à Toulouse (Haute-Garonne). (PABLO TUPIN / CITIZENSIDE / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Plusieurs dizaines d'artistes signent, mercredi 15 février, dans Libération, une tribune contre les violences policières. Les signataires qualifient de "brebis galeuses" et d'"agents du désordre" les quatre policiers mis en examen, dont un pour viol, après l'interpellation brutale de Théo à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

"Est-ce une bavure, un fait divers de plus ?"

Rédigée par un ex-adjoint au maire de Brétigny-sur-Orge (Essonne), Steevy Gustave, cette tribune est notamment signée par les chanteurs Patrick Bruel, Hugues Auffray, les comédiens Josiane Balasko, Jean Benguigui et Mathilda May, le réalisateur Nils Tavernier, le directeur du festival d'Avignon Olivier Py ou encore l'humoriste Anne Roumanoff.

Qui était au chevet de nos banlieues malades depuis de si nombreuses années ?

Les signataires de la tribune

"Libération"

Cet acte est-il "une bavure, un fait divers de plus qui sera, lui aussi, classé sans suite ?" s'interrogent les signataires. "Dans ce pays des droits de l'homme, y a-t-il une justice pour les hommes à la peau sombre et une pour ceux qui portent l'uniforme ? Ne devrait-elle pas être d'autant plus intraitable envers ceux qui les premiers devraient être exemplaires ?"

Quelques pistes pour éviter les violences

Le texte propose des pistes pour éviter les violences policières. Les auteurs veulent que "le vouvoiement soit systématiquement employé lors des contrôles", que le récépissé donné à la personne contrôlée soit instauré "avant la fin du quinquennat" – une promesse non tenue par François Hollande.

La une du journal \"Libération\", mercredi 15 dévrier 2017.
La une du journal "Libération", mercredi 15 dévrier 2017. (LIBERATION)

Les signataires demandent également que les caméras-piétons soient utilisées par les policiers. Leur utilisation systématique a été récemment promise par le ministre de l'Intérieur, Bruno Le Roux. "Nous demandons aussi de meilleures formations pour nos jeunes policiers et le retour de la police de proximité" ainsi qu'une "vigilance accrue lors des recrutements", ajoute le texte.

Une autre tribune consacrée à Adama Traoré

Dans une autre tribune publiée dans Libération, de nombreux autres artistes, parmi lesquels les chanteurs Zebda et Arthur H ou l'acteur Omar Sy, réclament justice dans l'affaire Adama Traoré, mort au cours de son interpellation par des gendarmes en juillet.

"Si on se tait, c’est toute notre société qui se salit", indiquent les signataires. Ils considèrent que la "mort suspecte" du jeune homme, sur laquelle l'enquête se poursuit, "n'engage pas seulement ses proches mais l'ensemble de notre pays, de notre société".

Des propos "inacceptables", selon la police

Cette tribune n'est pas du goût de tout le monde. Jean-Marc Falcone, le directeur général de la police nationale, a réagi dans un communiqué. Il pointe du doigt un passage précis du texte :  

Les policiers racistes qui posent problème ne sont pas devenus racistes par la dureté de leur mission. Il semblerait que le plus souvent, ce soit de jeunes militants issus d'un parti politique bien connu qui se sont engagés pour pouvoir commettre leurs exactions en toute impunité.

Les signataires de la tribune

"Libération"

Pour le directeur général de la police nationale, il s'agit d'accusations "graves", "injustes" et "inacceptables". Il souhaite rappeler que "notre police est républicaine", que "les jeunes qui s'y engagent viennent de tous les horizons et doivent se soumettre à un recrutement très sélectif".