Agression d'un enseignant à Marseille : les juifs incités à ne pas porter la kippa

Le Consistoire israélite de Marseille fait cette préconisation "jusqu'à des jours meilleurs".

Des personnes de confession juive portant la kippa à Paris, le 10 avril 2015. 
Des personnes de confession juive portant la kippa à Paris, le 10 avril 2015.  (WINFRIED ROTHERMEL / PICTURE ALLIANCE / AFP)
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Après l'agression d'un enseignant juif à Marseille lundi 11 janvier, le Consistoire israélite de Marseille "incite" les juifs de la ville à ne pas porter la kippa "jusqu'à des jours meilleurs""Aujourd'hui, devant la gravité des évènements, il faut prendre des décisions exceptionnelles", a déclaré Zvi Ammar, son président, à l'AFP. Face aux évènements, "on est obligé de se cacher un petit peu", a-t-il encore déploré.

"Malheureusement pour nous, on est ciblés: dès qu'on est identifiés, qu'on est juifs, on peut être agressés et même risquer la mort. Là, on a franchi un pas d'une extrême gravité", a ajouté ce responsable communautaire. La communauté juive de Marseille compte quelque 70 000 membres.

Le président du Crif a dénoncé dans la foulée une "attitude défaitiste, de renoncement" du Consistoire israélite de Marseille. "Nous ne devons céder à rien, abonde le grand rabbin de France, Haïm Korsia. Nous continuerons à porter la kippa."

L'homme agressé a aussi décidé d'enlever sa kippa

Mardi, l'enseignant agressé, âgé de 35 ans, a affirmé avoir cru ne pas "sortir vivant" de cette agression à la machette. Pour autant, il affirme ne ressentir"aucune colère, mais de la peur et de l'appréhension quant à l’avenir".

"On a voulu le tuer parce qu'il est juif, c'est dur, ça fait peur", a également commenté son épouse. "Aujourd'hui, il a mis sa casquette, et il encourage la communauté à faire comme lui, non pas parce qu'il a peur ou honte d'être juif, bien au contraire, mais pour sa sécurité", a-t-elle déclaré. "Peut-être que lundi, s'il avait mis sa casquette, il aurait pu échapper à cette agression."