Agression antisémite à Marseille : comment l'adolescent justifie son geste

Le quotidien "La Provence" a pris connaissance des propos tenus par le suspect, un jeune Turc de 15 ans, lors de sa garde à vue. Et selon un enquêteur, le contenu de son audition fait "froid dans le dos".

Une policière devant l'institut franco-hébraïque La Source, à Marseille (Bouches-du(Rhône), le 11 janvier 2016, après l'agression d'un enseignant de l'établissement.
Une policière devant l'institut franco-hébraïque La Source, à Marseille (Bouches-du(Rhône), le 11 janvier 2016, après l'agression d'un enseignant de l'établissement. (MAXPPP)
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Il "ne regrette rien". L'adolescent de 15 ans, auteur présumé de l'agression antisémite d'un enseignant juif lundi à Marseille (Bouches-du-Rhône), a déclaré aux enquêteurs avoir "honte de ne pas l'avoir tué, de ne pas avoir eu la force", rapporte La Provence, mercredi 13 janvier. L'information a été confirmée par une source proche de l'enquête, citée par l'AFP.

Qu'apprend-on à la lecture de ses premières déclarations ? Francetv info fait le point sur ces éléments.

A-t-il prémédité son acte ?

Selon La Provence, l'adolescent a expliqué avoir acheté la machette une dizaine de jours avant l'attaque et qu'il savait, la veille, qu'il passerait à l'action lundi. Il ne justifie cependant pas précisément le choix de sa cible, l'enseignant de l'institut franco-hébraïque de la Source – "seul Allah le sait", explique-t-il –, mais estime que la France "fait tout pour protéger les juifs".

Comment s'est-il radicalisé ?

Le jeune homme s'est intéressé aux thèses jihadistes dès mars 2014, après "avoir vu à la télé des reportages défendant en gros l'hypothèse selon laquelle les occidentaux sont martyrisés par les musulmans", selon une source policière citée par La Provence"De fil en aiguille, il est tombé sur des sites jihadistes où notamment la parole d'Al-Baghdadi [le chef du groupe Etat islamique en juin 2014] dit l'inverse, que ce sont les musulmans qui sont persécutés, ajoute cette source. Et il a adhéré."

Selon le quotidien régional, les premiers éléments suggéreraient une auto-radicalisation : aucun "voyage passé" et aucun "commanditaire" n'ont été "détectés pour l'instant", selon une source judiciaire.

Qu'en pensent les enquêteurs ?

Face aux enquêteurs, l'adolescent a tenu un discours "structuré, quasi politisé", explique encore La Provence. "Ce qui a impressionné les enquêteurs, c'est la maturité de son discours", confirme le spécialiste justice de France 2, Dominique Verdeilhan.

"C'est clairement le profil le plus inquiétant que l'on ait rencontré à Marseille pour l'heure", confie un policier chevronné à La Provence. Une source proche du dossier affirme n'avoir "jamais lu un PV d'audition pareil" : le suspect, "remonté comme une pendule", "présente une détermination étonnante". A faire "froid dans le dos".