INFOGRAPHIES. L'UFC-Que Choisir dénonce le manque de transparence dans l'origine des viandes

L'association de consommateurs a étudié 245 produits à base de bœuf, de porc et de poulet. Dans 54% des cas, l'origine de la viande n'est pas indiquée sur l'étiquette.

Une employée dans une usine de viandes de Fyodorovka (Russie), le 15 décembre 2015.
Une employée dans une usine de viandes de Fyodorovka (Russie), le 15 décembre 2015. (ALEKSANDR KONDRATUK / RIA NOVOSTI / AFP)
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Trois ans après le scandale des lasagnes à la viande de cheval, l'UFC-Que Choisir fait part de son "immense" déception. L'association de consommateurs a analysé les étiquetages de 245 aliments de consommation courante à base de viande de bœuf, de porc et de poulet. D'après ses résultats, publiés lundi 8 février, dans 54% des cas, l'origine des produits est masquée.

Dans le détail, l'opacité est plus importante dans le cas du poulet, avec 74% des produits sans la moindre mention, contre 57% pour le porc et 30% pour le bœuf. Les produits où la traçabilité est la plus faible pour le consommateur sont les sandwichs au poulet et au jambon : 92% d'entre eux ne mentionnent pas l'origine de la viande, explique l'UFC-Que Choisir.

Zéro pointé pour trois marques

Toutes les marques ne sont pas à la même enseigne, précise l'association. Le Gaulois, Charal, Marie, Findus et Zapetti font figure de bons élèves, avec 100% de produits étiquetés. A l'inverse, Dalinat, Père Dodu et Sodebo sont tout en bas du classement : aucun des produits étudiés par l'UFC-Que Choisir ne comportait de mention de l'origine.

Attention, il ne s'agit ni d'une "fraude", ni d'une "pratique illégale", précise le président de l'UFC-Que Choisir, Alain Bazot, dans Le Parisien. "Les fabricants de produits transformés travaillent dans la plus grande opacité, regrette-t-il. Et ce, en toute légalité puisque les textes qui apporteraient au consommateur une meilleure information sur les produits n'existent pas."

Plus de traçabilité contre un léger "surcoût"

Selon lui, "afficher la provenance des ingrédients coûterait plus cher" mais n'aurait qu'un impact de quelques centimes d'euros. Contactée par le journal, l'Association nationale des industries alimentaires n'est pas opposée au principe, mais met en garde contre ce "surcoût", qui pourrait influer "sur la compétitivité de l'ensemble de la filière alimentaire française à moyen terme".

L'argument risque de ne pas suffire à convaincre l'UFC-Que Choisir. "Il faut arrêter de traiter l'alimentation comme n'importe quel marché, réclame son président. Comme une simple matière première !" L'association demande à la France et à l'Europe de réagir, pour plus de transparence pour les consommateurs.