Affaire Merah : Eric Woerth espère clore la polémique en assurant que le tueur au scooter a bien commis "un attentat terroriste"

Albert Chennouf-Meyer écrit : "Votre stratégie à nier l'attentat de 2012 à Toulouse pour nettoyer votre bilan est absurde".

Eric Woerth à l'Assemblée nationale, à Paris, le 19 juin 2016. 
Eric Woerth à l'Assemblée nationale, à Paris, le 19 juin 2016.  (CITIZENSIDE/YANN KORBI / CITIZENSIDE.COM / AFP)
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Les propos d'Eric Woerth suscitent de vives condamnations. Jeudi 28 janvier, alors qu'il débattait avec le vice-président du Front national, Florian Philippot, l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy a déclaré sur i-Télé qu'"il n'y a pas eu d'attentats terroristes sous Sarkozy", estimant que l'affaire Merah n'était "pas un attentat" mais simplement "le crime d'un furieux".

Interpellé samedi sur Twitter par le père d'une des victimes du tueur au scooter, l'ancien ministre a à son tour répondu, dans la soirée, dénonçant des "tentatives d'instrumentalisation et déformation de [ses] propos", qu'il a qualifié d'"abjectes". 

Retour sur une polémique : 

Les propos d'Eric Woerth choque le père d'une victime de Merah

Deux jours après l'intervention polémique d'Eric Woerth sur i-Télé, Albert Chennouf-Meyer lui a répondu avec véhémence sur Twitter : "Votre stratégie à nier l'attentat de 2012 à Toulouse pour nettoyer votre bilan est absurde", a-t-il tweeté à l'attention de l'ancien président de la République et de celui qui fut son ministre du Budget.

Albert Chennouf-Meyer et sa famille avaient déjà exprimé en décembre, via leurs avocats, leur "indignation" après des déclarations de Nicolas Sarkozy expliquant qu'il n'y avait eu "aucun attentat en France" entre 2002 et 2011, période où il était aux affaires. "Dans le bilan qu'il présente, Nicolas Sarkozy omet à dessein de mentionner que son quinquennat s'est terminé par les tueries atroces" de Merah, lesquelles avaient fait sept morts, à Toulouse et à Montauban, s'étaient-ils offusqués.

La classe politique et des associations s'indignent

Les propos d'Eric Woerth ont été vivement condamnés par des organisations et des responsables politiques, à commencer par Florian Philippot, à qui s'adressait l'ancien ministre : "ce sont des propos tout à fait choquants vis-à-vis des victimes", a réagi le responsable frontiste.

Carole Delga, présidente PS de la région Midi-Languedoc, a demandé pour sa part "des excuses publiques" à Eric Woerth, rapporte France 3 Midi-Pyrénées"Cette volonté de Nicolas Sarkozy et de ses amis de masquer la terrible vérité constitue une véritable insulte à la mémoire des sept victimes, dont trois enfants, à leurs familles et, au-delà, à nos deux villes marquées à jamais par cet acte terroriste", a-t-elle affirmé dans un communiqué.


La polémique à Toulouse après les propos d'Eric Woerth

Condamnation également du Conseil représentatif des institutions juives de France : "les assassinats commis ont été planifiés et soigneusement conçus par une organisation terroriste. Les cibles n'ont pas été choisies par hasard. Un soutien logistique lui a fourni les moyens nécessaires", a écrit le CRIF dans un communiqué. 

Eric Woerth dénonce des "tentatives d'instrumentalisation"

Samedi soir, l'ancien ministre a, à son tour, réagi à la polémique, sur Twitter. Dans l'un de ces messages, il évoque "l'attentat terroriste commis par Merah", revenant ainsi sur ces propos tenus jeudi.

"Les combats contre le terrorisme et l'antisémitiste pour lesquels je suis pleinement engagé méritent mieux qu'une vaine polémique", a-t-il conclu.