Le parquet de Paris a relevé mercredi 13 juin des "incohérences factuelles majeures" entre les accusations formulées par le père de Mohamed Merah dans sa plainte pour meurtre et les éléments de la procédure judiciaire. L'avocate algérienne du père de Mohamed Merah avait affirmé le 1er avril à Alger (Algérie) posséder des vidéos de la "liquidation" du tueur de Toulouse et Montauban. 

Pourtant, "aucun i-Phone, aucun téléphone d'aucune sorte [ayant pu filmer ces vidéos] n'a été découvert lors de la perquisition menée dans l'appartement, pas plus que sur Mohamed Merah", écrit le procureur de la République. Le parquet rappelle que les négociations entre le Raid et Mohamed Merah, le meurtrier de sept personnes en mars dernier, se sont déroulées via un talkie-walkie. 

Selon les transcriptions supposées de vidéos tournées par Mohamed Merah et publiées par un quotidien algérien, le "tueur au scooter" affirme avoir été trahi par un ami prénommé Zouhair. Merah l'accuse de travailler pour les services secrets français. Mais les enregistrements réalisés par la police judiciaire, qui sont en cours de retranscription, n'ont "jamais fait état d'un dénommé Zoair (sic)", selon le parquet. 

Des retranscriptions, mais pas de vidéos

Le père de Merah, qui vit en Algérie, a déposé lundi une plainte contre X pour "meurtre". Cette plainte vise ceux qui ont donné l'ordre de lancer l'assaut qui a tué son fils le 22 mars, notamment le directeur général de la police nationale de l'époque, Frédéric Péchenard.

Ses avocates ont joint à cette plainte une retranscription partielle de vidéos du jeune homme qu'elles affirment détenir, sans cependant les transmettre. L'une des avocates, Zahia Mokhtari, a déclaré à l'AFP qu'elle était prête à se rendre en France pour remettre des vidéos à la justice.