Est-ce une pique destinée à François Hollande ? C'est en tout cas un point de vue bien différent de celui du président de la République. Alors que le chef de l'Etat avait pointé du doigt la responsabilité de la finance dans la crise qui touche l'Europe, Dominique Strauss-Kahn estime, mercredi 26 juin, que le problème n'est pas la finance, mais les financiers. 

Dans son propos liminaire, avant d'être interrogé sur le rôle des banques dans l'évasion fiscale, l'ancien directeur général du FMI et ex-ministre socialiste de l'Economie, a lancé : "Le système fonctionne mal. Mais le point sur lequel je voudrais insister c'est que, de mon point de vue, incriminer la finance dans le désastre économique que nous vivons en Europe en général et en particulier dans notre pays, a pour moi à peu près la même pertinence qu'incriminer l'industrie automobile quand on parle des morts sur la route." Dans son grand discours de lancement de campagne présidentielle, en janvier 2012 au Bourget, le candidat socialiste François Hollande avait lancé : "Mon adversaire, c'est le monde de la finance."

 

Dominique Strauss Kahn, le 26 juin 2013 lors de son audition au Sénat.
Dominique Strauss Kahn, le 26 juin 2013 lors de son audition au Sénat. (MARTIN BUREAU / AFP)