C'est la première fois qu'il se confie publiquement sur son arrestation à New York en mai 2011. Dans une interview de vingt-cinq minutes accordée à la chaîne américaine CNN, et dont un extrait a été diffusé mardi 9 juillet, Dominique Strauss-Kahn juge "terrible" le fait que des images de lui, menotté et encadré par des policiers, aient pu être filmées par des caméras du monde entier.

"Je pense que c'est une chose terrible, franchement. Pas seulement parce que c'est difficile à vivre, mais parce que c'est un moment où l'on est supposé être innocent", explique l'ancien directeur du Fonds monétaire international. Or, "vous êtes juste montré à tout le monde comme si vous étiez un criminel, à un moment où personne ne sait si cela est le cas ou pas, poursuit-il. Vous êtes peut-être un criminel, peut-être pas, mais cela ne sera prouvé que plus tard. C'est donc simplement injuste de montrer les gens dans une telle situation, devant le reste du monde, quand vous ne savez pas ce qu'ils ont fait."

"Je ne comprenais pas ce qu'il se passait"

"J'étais en colère, parce qu'à ce moment-là, je ne comprenais pas ce qu'il se passait, pourquoi je me trouvais là. Je comprenais simplement qu'il se passait une chose que je ne contrôlais pas", ajoute Dominique Strauss-Kahn lors de cet entretien filmé à Paris.

Soupçonné d'avoir violé une femme de chambre du Sofitel de New York, Nafissatou Diallo, le 14 mai 2011, Dominique Strauss-Kahn avait été blanchi quelques mois plus tard dans la procédure pénale ouverte par la justice américaine. Le 4 septembre 2011, DSK avait reconnu une brève relation sexuelle "inappropriée" avec la femme de chambre, mais avait démenti toute violence ou contrainte.

Dans le volet civil, la procédure avait pris fin le 10 décembre 2012, les avocats de Dominique Strauss-Kahn et ceux de Nafissatou Diallo trouvant un accord financier mettant un terme à cette affaire. Selon des informations de presse parues en janvier 2013, l'ancien patron du FMI a ainsi versé environ 1,5 million de dollars à la femme de chambre du Sofitel pour clore les poursuites.