DSK - Il ne se voit pas dans le rôle du "poil à gratter", mais ne se gêne pas pour critiquer la gestion de la crise européenne et donner ses solutions pour résoudre la crise de la dette. A Marrakech (Maroc), où il a animé une conférence vendredi 21 septembre, l'ancien patron du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a accordé une interview à i-Télé et à l'AFP. L'occasion de montrer qu'il n'a pas perdu la main. Voici ce qu'il faut retenir de ses déclarations.

Un rôle de "réflexion", pas de frustration

"Je ne participe plus à l'action mais il y a un temps pour tout. Je participe beaucoup à la réflexion, au travers des universités, des colloques, des think tanks", a déclaré Dominique Strauss-Kahn à l'AFP et i-Télé en marge de cette conférence sur "Les pays émergents et la gouvernance" à l'Université privée de Marrakech. "Je ne ne veux pas surestimer mon rôle personnel, j'espère que quelques idées auxquelles je tiens pourront aboutir, ou faire réfléchir (…). C'est un rôle qui me convient bien et que j'entends tenir dans les années qui viennent", a ajouté l'ancien ministre socialiste de l'Economie et des Finances.

Comme on lui demandait s'il n'était pas frustré de ne plus être un décideur, DSK a rétorqué : "Aucunement." L'ex-patron du FMI, grand favori de la présidentielle de 2012 avant l'affaire du Sofitel de New-York, a pris la parole pendant près d'une heure avant de répondre aux questions des 200 à 300 étudiants présents, une semaine après avoir participé à une conférence en Ukraine. Il doit participer à un autre colloque en Corée du Sud au mois d'octobre.

Critique sur la gestion de la crise

Durant son intervention, DSK a regretté le manque de décisions prises à l'heure actuelle en Europe, tout en prenant grand soin de ne pas aborder la politique française. "Nous avons besoin d'idées nouvelles pour avancer, la période le réclame. Sinon, en Europe, nous allons nous avancer vers plusieurs années de croissance faible avec toutes les conséquences que ça peut avoir", a-t-il estimé. "La volonté de travailler ensemble est plus faible, le multilatéralisme a moins la cote [qu'au début de la crise], je crois que c'est assez dangereux", a ajouté DSK. 

"La critique peut être positive. Je ne conçois pas mon rôle comme étant une sorte de poil à gratter, je pense qu'il faut fournir des idées nouvelles", dit-il. Et l'ancien patron du FMI poursuit : "Il n'y en a pas beaucoup sur la table. J'en propose certaines, elles sont bonnes, elles sont moins bonnes, chacun jugera, mais nous avons besoin d'idées nouvelles pour avancer et la période les réclame."

Silence radio sur les affaires

Cette interview est son premier entretien officiel avec la presse depuis que la cour d'appel de Douai l'a autorisé à reparler aux journalistes le 30 mai dernier, une décision modifiant le contrôle judiciaire dont il fait l'objet. Soupçonné d'avoir contribué à animer un réseau de prostitution à son profit avec des proches, dont un commissaire de police, quand il était directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn est mis en examen pour "proxénétisme aggravé en bande organisée", des faits passibles des assises et de vingt ans de réclusion criminelle.

L'ancien ministre a dû verser une caution de 100 000 euros. Une enquête préliminaire séparée pour viol est également ouverte. Selon i-Télé, Il s'est refusé à tout commentaire sur ces affaires dans son entretien, alors que le jour même de cette conférence, le parquet général de Douai (Nord) a rejeté le recours de ses avocats et ainsi validé l'instruction dans l'affaire du Carlton.