Affaire Agnès Saal : Fleur Pellerin saisit la justice

L'ancienne patronne de l'INA et son prédécesseur Mathieu Gallet sont déjà visés par une plainte de l'association Anticor.

Fleur Pellerin, le 29 mai 2015 à Abbeville (Somme).
Fleur Pellerin, le 29 mai 2015 à Abbeville (Somme). (MAXPPP)
France Télévisions

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Agnès Saal a quitté l'INA, mais pas les problèmes. La ministre de la Culture, Fleur Pellerin, a transmis à la justice le dossier concernant les frais de taxi de l'ex-directrice de l'Institut national de l'audiovisuel, apprend-on mardi 2 juin dans Le Parisien. Agnès Saal avait été poussée à la démission fin avril après avoir été épinglée pour avoir dépensé plus de 40 000 euros de taxi en dix mois, dont 6 700 euros par son fils, qui disposait de son code de réservation auprès de la compagnie G7. 

"J'ai décidé de saisir la justice. J'ai en effet saisi ce matin [lundi] le procureur de la République de Créteil, sur la base de l'article 40 du Code de procédure pénale, en vertu duquel tout agent public ayant eu connaissance d'un délit doit le signaler à la justice, déclare au quotidien la ministre. Notre lettre de transmission comporte des éléments sur les frais de déplacement."

Une plainte déjà déposée

Cette décision ministérielle intervient trois jours après l'annonce par l'association Anticor du dépôt de plaintes visant les dépenses de taxi d'Agnès Saal et des contrats passés par Mathieu Gallet, actuel patron de Radio France, à l'époque où il présidait l'INA.

Regrettant que la ministre de la Culture n'ait pas saisi la justice alors qu'Agnès Saal avait été réintégrée au sein du ministère, Anticor a porté plainte contre X au parquet de Créteil pour "favoritisme" pour les faits concernant Mathieu Gallet et pour "détournement de fonds publics" en ce qui concerne Agnès Saal. "On voit bien qu'il y a une certaine acceptation des institutions pour dire que la gabegie financière est tolérable. On porte plainte pour alerter les services publics de leur responsabilité", a estimé vendredi Jérôme Karsenti, avocat d'Anticor.

"Une sanction qui peut aller du blâme à la radiation"

"Je veux agir avec sérénité, répond la ministre. Tout cela peut paraître long à l'aune du temps médiatique, mais il nous fallait regrouper les pièces nécessaires avant de décider. Mon seul souci, c'est l'exemplarité. De tels comportements ne sont pas acceptables."

Fleur Pellerin souligne également qu'une enquête administrative est en cours concernant Agnès Saal : "L'échelle des sanctions, dans ce cas, varie du blâme ou de l'avertissement jusqu'à la radiation de la fonction publique."