L'accusatrice fait faux bon aux enquêteurs. L'escort-girl qui a expliqué, au mois de décembre 2011, avoir subi "une relation brutale" de Dominique Strauss-Kahn, ne s'est pas présentée à des convocations de la police, indique jeudi 7 juin une source proche du dossier. Son témoignage avait entraîné l'ouverture d'une enquête préliminaire pour viol

Cette prostituée belge entendue dans le cadre de l'enquête sur l'affaire de proxénétisme dite du Carlton de Lille, mais qui n'a toutefois pas porté plainte, a été convoquée à deux reprises par la police belge dans le cadre d'une enquête préliminaire sur des faits "susceptibles d'être qualifiés de viol en réunion" mais ne s'est pas présentée, précise la source proche du dossier, confirmant une information du Parisien. Convoquée ces dernières semaines, elle a depuis fait l'objet d'une troisième convocation, selon la même source, qui a estimé que "son absence de réponse à la convocation pourrait fragiliser sa situation dans ce dossier".

Quels sont les faits sur lesquels enquête la justice ?

Les faits supposés, qui se seraient déroulés à Washington entre le 15 et le 18 décembre 2010 lors d'une soirée à laquelle participait notamment Dominique Strauss-Kahn, ont été relevés par les juges d'instruction en charge de cette affaire de proxénétisme aggravé. Ces faits sont relatifs aux témoignages de deux prostituées belges ayant participé à un séjour à Washington en décembre 2010 en compagnie de Dominique Strauss-Kahn, Fabrice Paszkowski, David Roquet, et du commissaire Jean-Christophe Lagarde.

Ces témoignages avaient été recueillis par les policiers belges en décembre dernier, dans le cadre d'un accord avec la justice française. L'une d'entre elles, qui n'a toutefois pas porté plainte, indique y avoir subi lors d'une soirée, le 16 décembre 2010, certains actes sexuels de manière non consentie lors d'une relation avec Dominique Strauss-Kahn.

"Je n'ai pas hurlé mais j'ai clairement dit à haute voix que je ne voulais pas", avait déclaré sur PV la jeune femme. L'autre escort-girl belge, présente dans la même chambre et qui était interrogée par le quotidien Le Parisien le 13 mai, a déclaré de son côté que si sa collègue "avait vraiment et clairement dit non", elle serait "intervenue, bien sûr". L'un des avocats de Dominique Strauss-Kahn, Me Richard Malka, avait dénoncé lors de l'ouverture de cette enquête, "un acharnement invraisemblable" contre son client. DSK est déjà mis en examen pour "proxénétisme aggravé en bande organisée", des faits passibles de vingt ans de réclusion criminelle après un éventuel procès en cour d'assises. Le viol en réunion est aussi un crime passible de vingt ans de réclusion en cour d'assises.