Affaire Grégory : "J'ai décidé de me donner la mort", "je n'ai plus la force de me battre", a écrit le juge Lambert dans une lettre

Le juge Lambert a rédigé plusieurs lettres avant de se donner la mort, mardi 11 juillet. franceinfo a pu consulter l'une d'elle, adressée à "L'Est républicain". 

Courrier signé du juge Lambert, daté du 11 juillet 2017.
Courrier signé du juge Lambert, daté du 11 juillet 2017. (DR)
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"J'ai décidé de me donner la mort car je sais que je n'aurai plus la force désormais de me battre dans la dernière épreuve qui m'attendrait", a écrit Jean-Michel Lambert, le premier juge d'instruction en charge de l'affaire Grégory, retrouvé mort le 11 juillet dernier à son domicile du Mans (Sarthe), dans une lettre adressée à l'Est Républicain, que franceinfo a pu consulter mercredi 19 juillet.

Extrait du courrier signé du juge Lambert, daté du 11 juillet 2017.
Extrait du courrier signé du juge Lambert, daté du 11 juillet 2017. (DR)

Extrait du courrier signé du juge Lambert, daté du 11 juillet 2017.
Extrait du courrier signé du juge Lambert, daté du 11 juillet 2017. (DR)

Extrait du courrier signé du juge Lambert, daté du 11 juillet 2017.
Extrait du courrier signé du juge Lambert, daté du 11 juillet 2017. (DR)

Dans ce courrier de trois pages, Jean-Michel Lambert annonce qu'il va mettre fin à ses jours, et évoque l'affaire Grégory et les récentes mises en examen du couple Jacob et de Murielle Bolle. "Ce énième ‘rebondissement' est infâme. Il repose sur une construction intellectuelle, fondée en partie sur un logiciel, écrit-il. La machine à broyer s'est mise en marche pour détruire, ou abîmer, la vie de plusieurs innocents."

"Je n'ai plus la force de me battre. J'ai accompli mon destin"

Jean-Michel Lambert réaffirme sa conviction sur le premier suspect du meurtre de Grégory Villemin, tué par le père de l'enfant : "Je proclame une dernière fois que Bernard Laroche est innocent". Concernant Murielle Bolle, actuellement mise en examen et écrouée pour enlèvement suivi de mort, il discrédite le témoignage du chauffeur qui avait affirmé qu'elle n'avait pas pris le car scolaire le jour du meurtre, le 16 octobre 1984.

Celui qui a été surnommé "le petit juge" dit refuser d'être un "bouc émissaire". "Si j'ai parfois failli, j'ai cependant la conscience parfaitement tranquille quant aux décisions que j'ai été amené à prendre", assure-t-il. Il conclut sa lettre par ces mots : "Je préfère sonner la fin de la partie pour moi. L'âge étant là, je n'ai plus la force de me battre. J'ai accompli mon destin".

Selon les informations de l'Est Républicain, trois autres lettres, enveloppes fermées et timbrées, adressées à des proches, ont été retrouvées par l'épouse de Jean-Michel Lambert.

La semaine dernière, le procureur de la République du Mans avait annoncé qu'"aucun écrit de nature à expliquer ce décès" n'avait été découvert.