Affaire Adama Traoré : sa sœur dénonce l'"anti-démocratie" et une "expédition punitive"

La sœur d’Adama Traoré, Assa, a tenu une conférence de presse mardi soir devant la mairie de Beaumont-sur-Oise (Val d’Oise).

Assa Traoré, soeur d\'Adama, devant la mairie de Beaumont-sur-Oise, le 22 novembre.
Assa Traoré, soeur d'Adama, devant la mairie de Beaumont-sur-Oise, le 22 novembre. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)
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franceinfoRadio France

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Assa Traoré, la soeur d'Adama, a tenu une conférence de presse, mardi 22 novembre, devant la mairie de Beaumont-sur-Oise (Val d'Oise). Plus d’une centaine de personnes ont répondu à l’appel au rassemblement devant le bâtiment fermé. Le conseil municipal a été annulé, "pour des raisons de sécurité". Des menaces auraient circulé sur les réseaux sociaux.

La famille demande toujours "justice et vérité" pour Adama Traoré, 24 ans, mort le 19 juillet dernier après une interpellation musclée par les gendarmes dans le Val-d'Oise. Malgré deux autopsies, la mort d’Adama n'a pu être établie avec certitude.

Ils veulent détruire notre cellule familiale parce qu’on dérange

Assa Traoré

Principale raison de cette conférence de presse, la mise en garde à vue de deux frères d’Adama Traoré, mardi, pour "outrages et menaces". L'un d'eux, Youssouf, a été interpellé dans la matinée à son domicile et l'autre, Bagui, sur son lieu de travail. Ce deuxième frère est d’ailleurs celui que les gendarmes étaient venus interpeller le jour de la mort d’Adama pour "extorsions de fonds avec violence".

L’avocat de la famille, Yassine Bouzrou, dénonce une "motivation fantaisiste" des forces de l’ordre, précisant que la brigade qui a interpellé les deux frères est celle de L’Isle-Adam, autrement dit celle qui est directement impliquée dans l’affaire de la mort d’Adama. Assa Traoré y voit une forme d’"anti-démocratie". Elle envisage de nouveaux appels à la mobilisation en cas de poursuite devant les tribunaux de ses deux frères.

Une pétition sur internet pour la démission du maire de Beaumont-sur-Oise

La sœur d’Adama a profité de ce rassemblement pour donner sa version des violences du jeudi 17 novembre à l’issue du conseil municipal dans le quartier de Boyenval. La préfecture du Val d’Oise avait affirmé qu’une "une soixantaine de militaires et gendarmes" avait été mobilisée après "des tirs de mortiers et des jets de bouteilles incendiaires". Assa Traoré a de son côté assuré qu’il s’agissait d’une "expédition punitive", lancée par les gendarmes. "On avait une cinquantaine de gendarmes devant nous et ils ont dit : "chargez", ils ont tabassé, humilié les jeunes, ils étaient sur les toits avec les flash-balls, c’était horrible à voir", a-t-elle continué affirmant qu’elle "aurait pu y passer".

"Ils nous chargent, ils nous gazent et c'est nous qui nous retrouvons en garde à vue", a dénoncé la sœur d’Adama Traoré. Le conseil municipal du soir devait également voter une disposition pour que la commune prenne en charge les frais de justice de la maire de la commune. Celle-ci souhaite attaquer Assa Traoré pour des propos tenus lors d’une interview sur Canal+ fin septembre. Des habitants de Beaumont-sur-Oise ont de leur côté mis en ligne une pétition pour que l’élue démissionne.