Affaire Adama Traoré : les deux frères de la victime en attente de leur jugement

Deux frères d'Adama Traoré, mort dans une gendarmerie du Val-d'Oise le 19 juillet dernier, comparaissent mercredi à Pontoise pour des violences et outrages présumés contre huit policiers municipaux et gendarmes. 

L\'association Justice pour Adama manifeste le 5 novembre 2016 à Paris pour réclamer \"la mise en examen des gendarmes et une instruction des plus transparente\" apres la mort d\'Adama Traore lors de son interpellation en juillet dans le Val-d\'Oise.
L'association Justice pour Adama manifeste le 5 novembre 2016 à Paris pour réclamer "la mise en examen des gendarmes et une instruction des plus transparente" apres la mort d'Adama Traore lors de son interpellation en juillet dans le Val-d'Oise. (SEVGI / SIPA)
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Grégoire LecalotCécile MimautRadio France

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Deux frères d'Adama Traoré, mort le 19 juillet dernier au cours de son interpellation par les gendarmes à Beaumont-sur-Oise, dans le Val-d'Oise, sont jugés mercredi 14 décembre à Pontoise. Ils sont accusés de violences, menaces de mort et outrages contre huit policiers municipaux et gendarmes en marge d'un conseil municipal, qui a dû être annulé le 17 novembre dernier. Le décès de leur frère de 24 ans avait déclenché plusieurs nuits d'émeutes violentes dans le quartier de Boyenval.

Le placement en détention provisoire de Bagui et Yssoufou Traoré, 25 ans et 22 ans, a engendré de vives tensions. Ils ont été interpellés par les gendarmes le 23 novembre dernier. Le lendemain, un bus brûlait à Boyenval. Depuis, la situation s'est apaisée dans ce quartier qui, avant la mort d'Adama Traoré, n'était pas connu pour être sujet aux flambées de violences. Des patrouilles de gendarmes le sillonnent 24h/24. La préfecture a mis en place une mission de médiation de la gendarmerie.

Un retour au calme fragile

Mais certains acceptent difficilement le contrôle des gendarmes, chargés notamment d'empêcher la mise en place d'un groupe de médiateurs auto-proclamé conduit par l'un des frères d'Adama Traoré. La tension ne retombe pas non plus avec la municipalité. Le 8 décembre, la maire de Beaumont-sur-Oise, Nathalie Groux, s'est vu accorder la prise en charge de ses frais de justice pour insultes et menaces. Assa, la sœur aînée d'Adama Traoré, a qualifié cette protection d'injustifiée.

Sur le terrain judiciaire enfin, les deux frères contestent les accusations de violences et d'outrages sur représentants des forces de l'ordre. Bagui Traoré a même porté plainte contre la policière municipale qu'il est accusé d'avoir frappée. Dans ce contexte tendu, le dispositif de sécurité sera à nouveau renforcé mercredi soir sur la commune. Le collectif "La vérité pour Adama" a, lui, appelé à un rassemblement le même jour à Paris en soutien aux prévenus.