Crash dans les Alpes : les glaçantes obsessions d'Andreas Lubitz

"Le Parisien" dévoile, mercredi, des échanges entre le copilote allemand et des médecins. L'homme, qui a provoqué le crash d'un Airbus de la Germanwings, y apparaît obsédé par des problèmes de vue, jusqu'à la psychose.

Le copilote allemand de la Germanwings, Andreas Lubitz, lors d'une course d'endurance à Hambourg (Allemagne), en 2009.
Le copilote allemand de la Germanwings, Andreas Lubitz, lors d'une course d'endurance à Hambourg (Allemagne), en 2009. (FOTO TEAM MUELLER / AFP)

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Andreas Lubitz souffrait d'une lourde psychose, comme le montrent d'inquiétants échanges qu'il a eus avec ses médecins, dévoilés par Le Parisien (abonnés), mercredi 27 janvier. Le 24 mars 2015, le copilote allemand avait provoqué le crash d'un Airbus de la Germanwings, tuant 149 personnes.

"Diagnostic : soupçons de psychose menaçante"

Le copilote allemand était rongé par des problèmes de vue, apparus au début du mois de décembre 2014. Le jour, un voile sombre lui obstrue la vue ; la nuit, il souffre de halos autour de points lumineux. "Comme j'ai peur de devenir aveugle et que je continue à faire une fixation sur mes yeux, je ressasse cette idée sans cesse et le stress augmente", écrit-il dans un mail adressé, le 10 mars 2015, à un psychiatre. Andreas Lubitz se plaint même de "crises de panique". "Diagnostic : soupçons de psychose menaçante", établit le psychiatre en question.

Un médecin a expliqué aux enquêteurs avoir eu affaire à un homme "peu sûr de lui", au point de songer, pendant l'examen, qu'il n'avait "pas envie que cet homme soit aux commandes d'un avion". Au cours du seul mois de mars, Andreas Lubitz va consulter sept médecins. L'origine de ses problèmes de vue est en fait psychologique. La veille du crash, il semble pourtant apaisé. Son dernier examen médical laisse même apparaître quelques progrès, précise Le Parisien.

Pas le moindre mot pendant toute la descente

Au-delà de ces échanges médicaux, le quotidien publie également le verbatim des échanges dans le cockpit, peu avant le crash. "Je pars maintenant, oui ? Ta radio", lance le capitaine Patrick Sondenheimer, avant de se rendre aux toilettes. Sans prononcer la moindre parole, malgré son micro allumé, le copilote précipite l'appareil, au cours d'une interminable descente de 10 minutes et 13 secondes. Les enquêteurs dénombrent neuf sonneries d'accès au cockpit, 46 bruits de coups sur la porte et des "voix lointaines". Rien n'y fait. Peu avant 9h41, heure du crash, la respiration d'Andreas Lubitz a été le dernier son enregistré.