Accident à Rochefort : le chauffeur du camion mis en examen pour "homicides involontaires"

Le procureur de la République de La Rochelle a annoncé, samedi, que le suspect était placé sous contrôle judiciaire.

Un enquêteur inspecte, le 11 février 2016, le camion impliqué dans un accident mortel à Rochefort (Charente-Maritime).
Un enquêteur inspecte, le 11 février 2016, le camion impliqué dans un accident mortel à Rochefort (Charente-Maritime). (XAVIER LEOTY / AFP)
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Le chauffeur du camion impliqué dans l'accident avec un autocar qui a tué six adolescents, jeudi, à Rochefort (Charente-Maritime), a été mis en examen, a annoncé, samedi 13 février, la procureure de La Rochelle. L'homme de 23 ans reste en liberté mais est placé sous contrôle judicaire, avec interdiction d'exercer sa profession.

"La cause de l'accident se situe bien dans l'ouverture dangereuse de la ridelle [paroi métallique maintenant en place le chargement] du camion-benne", avait déclaré, vendredi, la représentante du parquet.

La ridelle ouverte "un certain temps" avant le choc

La ridelle latérale du camion, qui a cisaillé l'autocar dans quasiment toute sa longueur, était déjà ouverte avant la collision, à 90 degrés. "Normalement, elle s'ouvre totalement", or "elle est restée dans une position qui est une position inhabituelle et dangereuse", a expliqué la magistrate.

L'enquête devra déterminer "les raisons et le moment de l'ouverture de cette ridelle", qui, selon les premières expertises, "semblait en parfait état de fonctionnement". Il s'agira également de comprendre "pourquoi le chauffeur du camion ne s'est pas aperçu qu'il roulait avec cette ridelle ouverte", a ajouté la procureure.

Le témoignage d'un automobiliste "ayant croisé le camion peu avant le bus" a permis d'établir que la ridelle était ouverte "depuis un certain temps" avant la collision. "Il a fait un écart pour éviter de percuter cette ridelle", selon la représentante du parquet.

Une fuite non réparée ?

Le chauffeur du camion a indiqué aux enquêteurs conduire ce véhicule "depuis trois ans" et avoir signalé, mi-janvier, à sa hiérarchie, une "fuite hydraulique sur le vérin arrière de la ridelle", qui selon lui, n'a "donné lieu à aucune réparation".

Des investigations étaient en cours pour vérifier l'entretien du camion. Les carnets d'entretien du véhicule ont notamment été saisis au siège de la société, "pour vérifier la réalité de ces allégations" et "préciser l'incidence de cette fuite si elle a existé".