Accident de car scolaire à Rochefort : garde à vue prolongée pour le chauffeur du camion-benne

Six passagers, tous adolescents, ont été tués dans cet accident.

La ridelle du camion-benne, qui a cisaillé l'autocar, le 11 février 2016 à Rochefort (Charente-Maritime).
La ridelle du camion-benne, qui a cisaillé l'autocar, le 11 février 2016 à Rochefort (Charente-Maritime). (XAVIER LEOTY / AFP)
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La garde à vue du conducteur du camion-benne, impliqué dans l'accident survenu à Rochefort (Charente-Maritime), jeudi 11 février, a été prolongée vendredi. Six passagers d'un car scolaire, tous adolescents, ont été tués dans cet accident. La garde à vue du chauffeur de car a elle été levée. Voici les principaux élements dévoilés par la procureure de la République, vendredi, à l'occasion d'une conférence de presse.

Le chauffeur conduisait ce camion depuis trois ans

Le chauffeur, âgé de 23 ans, n'était pas un novice au volant de ce camion. Salarié de la société Eiffage, il conduisait ce véhicule "trois ans", précise la procureure de la République, Isabelle Pagenelle. Il n'a pas été contrôlé positif à l'alcool ou à un quelconque stupéfiants. D'autres analyses sont en cours pour déterminer s'il avait consommé des médicaments avant l'accident, mais rien ne le laisse penser à l'heure actuelle, selon la magistrate.

Un automobiliste a croisé camion avant la collision

C'est la ridelle latérale du camion qui a cisaillé l'autocar. Cette paroi métallique, qui maintient en place la charge, était déjà ouverte avant la collision. "Normalement elle s'ouvre totalement", or "elle est restée dans une position qui est une position inhabituelle et dangereuse", à 90 degrés, explique la procureure. "L'enquête devra déterminer les raisons et le moment de l'ouverture de cette ridelle et pourquoi le chauffeur du camion ne s'est pas aperçu qu'il roulait avec cette ridelle ouverte."

Les enquêteurs ont reçu le "témoignage spontané" d'un automobiliste qui avait "croisé le camion peu avant le bus". "S'apercevant que la ridelle était ouverte, il a fait un écart pour éviter de la percuter", précise la magistrate. Selon les premiers éléments de l'enquête, cette dernière "semblait en parfait état de fonctionnement".

Le conducteur avait signalé un problème sur son camion

Le chauffeur affirme également avoir signalé mi-janvier à sa hiérarchie "une fuite hydraulique sur le vérin arrière de la ridelle" sur son camion. Un signalement qui aurait été "consigné par écrit", mais qui n'aurait, selon lui, "donné lieu à aucune répération". "Des investigations sont en cours pour vérifier l'entretien du camion", précise la procureure. Les carnets d'entretien du véhicule ont été saisis au siège de la société "pour vérifier la réalité de ces allégations" et "préciser l'incidence de cette fuite si elle a existé".

Il devrait être déféré devant un juge samedi

Sans surprise, le conducteur du camion-benne devrait être déféré samedi en vue de l'ouverture d'une information judiciaire pour "homicides et blessures involontaires". C'est dans ce cadre-là qu'il devrait être mis en examen, mais la procureur précise d'ores et déjà que les auditions des témoins pourraient encore durer plusieurs semaines, afin de déterminer l'étendue des responsabilités dans cet accident.

La garde à vue du chauffeur du car a été levée

"Rien ne permet de mettre en cause" le conducteur du car scolaire, qui n'a fait "aucune erreur de conduite", explique la procureure. "Il n'a vu qu'au dernier moment la ridelle ouverte quand il croisait le camion" : il faisait à ce moment-là encore nuit et il "bruinait".

"Le choc a fait exploser son pare-brise et l'impact a stoppé net le bus, qui a juste continué à avancer avec la force d'inertie. Le conducteur s'est levé, il s'est occupé des victimes, a ouvert les portes", poursuit la magistrate. "Il a constaté que de la fumée sortait de l'arrière du bus et utilisé l'extincteur empêchant peut-être un incendie." Sa garde à vue a été levée.