Les secours se sont activés toute la nuit pour venir en aide aux victimes de la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge (Essonne), survenue vendredi 12 juillet en fin d'après-midi. Samedi matin, le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, a déclaré que les équipes présentes sur place n'avaient "pas identifié de nouvelles victimes", le bilan restant à six morts et 30 blessés, dont huit graves.

Le ministre a toutefois incité à la prudence quant à une évolution du bilan. Les trois voitures qui se sont couchées doivent être relevées dans la journée et "nous ne sommes pas à l'abri de mauvaises nouvelles", a-t-il précisé.

Francetv info résume ce que l'on sait de l'accident meurtrier.

370 voyageurs à bord, au moins six morts

Il est environ 17 heures lorsque le train Intercités 3657 quitte la gare de Paris-Austerlitz à destination de Limoges. Environ 370 personnes ont pris place à bord. Mais quelques minutes plus tard, à 17h14 précisément, le train déraille en entrant en gare de Brétigny-sur-Orge (Essonne), à une trentaine de kilomètres au sud de Paris.

Les six derniers wagons du train quittent leurs rails, déchiquetant dans le choc le toit du quai. Le train, qui circule sur le tracé de la ligne du RER C, se scinde alors en deux en entrant à grande vitesse dans la gare. Selon un témoin, "une partie du train a continué à rouler, tandis qu'une autre s'est couchée sur le flanc sur le quai".

Le bilan est lourd : au moins six personnes ont perdu la vie, tandis que trente autres ont été blessées, dont six grièvement. D'après le ministère de l'Intérieur, quelque 300 pompiers, 20 équipes médicales Smur et huit hélicoptères ont été mobilisés pour venir en aide aux victimes. 

Le déraillement d'un train Paris-Limoges en gare de Brétigny-sur-Orge (Essonne), le 12 juillet 2013.
Le déraillement d'un train Paris-Limoges en gare de Brétigny-sur-Orge (Essonne), le 12 juillet 2013. (AICHAKURDISH / AFP)

Le train roulait à une allure normale

Le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, a déclaré que le train circulait à "une vitesse normale". "Il roulait à 137 km/h, pour une vitesse limite de 150 km/h", a-t-il précisé. 

Guillaume Pépy a ajouté qu'une collision avec un autre train a été évitée, rendant hommage aux cheminots "qui ont permis d'arrêter le train et d'éviter qu'il ne percute un autre train qui venait en sens inverse".

Le trafic suspendu en gare de Paris-Austerlitz

Conséquence immédiate : le trafic a été totalement interrompu en gare de Paris-Austerlitz. Vendredi soir, la circulation des trains n'avait pas repris, selon le site de la SNCF. Alors qu'un numéro vert a été mis en ligne pour tout renseignement sur l'état du trafic (0805 903 635), la SNCF invite d'ores et déjà les clients qui devaient partir ou arriver en gare d'Austerlitz à reporter leur voyage. 

Le trafic est également interrompu totalement sur la ligne C du RER au moins jusqu'à samedi soir, entre Savigny-sur-orge et Saint-Martin d'Etampes, et entre Savigny-sur-Orge et Dourdan la Forêt, et ce dans les deux sens de circulation.

La vétusté de la ligne pointée du doigt

L'heure est déjà aux premières hypothèses. Quelques heures après le déraillement du train, la vétusté de la ligne SNCF a été mise en causeSelon le porte-parole de l'Association des voyageurs usagers des chemins de fer, Willy Colin, cette catastrophe ferroviaire est effectivement survenue "sur une ligne listée comme malade" en 2011 par le président de la SNCF, Guillaume Pépy.

"Que s'est-il passé depuis en termes d'entretien ?", demande l'association, qui exige"une transparence totale et assez rapide sur l'origine" de ce "drame terrible". Selon Willy Colin, "ce sont les trains les plus âgés de la flotte, les plus vulnérables qui circulent sur cette ligne". Conseiller au cabinet du maire de Paris, Bertrand Delanoë, Tristan Bromet a pour sa part souligné sur Twitter que "depuis des années", la ligne Paris-Limoges "reste empruntée par des trains à bout de souffle". Tout en "refusant de polémiquer" après cet accident ferroviaire, le syndicat Sud-Rail a également pointé dans un communiqué "la dégradation de la sécurité du système ferroviaire".

Présent sur place, le président de la République, François Hollande, a appelé à "éviter toute polémique inutile", et a annoncé que trois enquêtes vont ête dilligentées : "Il y aura forcément une connaissance de ce qui s'est produit, et des conclusions qui devront être tirées."

(France Télévisions)

Des équipes de secours caillassées

Par ailleurs, vers 19h15, des équipes de secours et des membres des forces de l'ordre ont été caillassés par une quinzaine de jeunes, selon une équipe de France 2 présente sur place. Les échauffourées ont eu lieu vers 19h15. Sans raison apparente, une grosse bagarre est survenue entre un groupe de jeunes et des CRS.

Selon Le Parisien.fr, deux personnes ont été placées en garde à vue, suspectées d'avoir dérobé des téléphones portables appartenant à des membres du Samu, présents sur le lieu de la catastrophe. D'après des policiers interrogés par un journaliste de France 2, des victimes auraient également été détroussées.