Les victimes de la catastrophe ferroviaire de Brétigny veulent que des "hommes de terrain" soient poursuivis

Seules deux personnes morales ont été mises en examen à ce jour, la SNCF et SNCF Réseau (ex-RFF), toutes deux pour homicides et blessures involontaires.

Des employees de la SNCF interviennent sur le site de l\'accident de train à Bretigny-sur-Orge, le 13 juillet 2013. 
Des employees de la SNCF interviennent sur le site de l'accident de train à Bretigny-sur-Orge, le 13 juillet 2013.  (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Les victimes de la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge (Essonne) souhaitent que des "hommes de terrain", et non uniquement des entreprises, soient poursuivis. "Les rapports d'expertises ont montré qu'il y avait des manquements à tous les niveaux de la hiérarchie", a déclaré samedi 3 décembre Thierry Gomes, président d'Entraide et défense des victimes de la catastrophe de Brétigny, en marge d'une assemblée générale de l'association à Paris.

Le 12 juillet 2013, le train Paris-Limoges avait déraillé en gare de Brétigny-sur-Orge à cause d'une éclisse — sorte de grosse agrafe qui maintient deux rails consécutifs —, dont une fissure n'avait pas été détectée lors des tournées de surveillance, et dont trois des quatre boulons s'étaient cassés ou dévissés. L'éclisse avait alors pivoté, provoquant l'accident. Bilan : sept morts et des dizaines de blessés.

L'efficacité des rondes nocturnes en question

Seules deux personnes morales ont été mises en examen à ce jour, la SNCF et SNCF Réseau (ex-RFF), toutes deux pour homicides et blessures involontaires. Trois cheminots de la SNCF, chargés de la surveillance des voies au moment du déraillement, ont été placés sous le statut intermédiaire de témoin assisté.

"On ne peut méconnaître des responsabilités d'hommes de terrain", "cheminots", "agents mainteneurs de voies" ou leur hiérarchie, a ajouté Thierry Gomes, qui a perdu ses parents lors de l'accident. Ce dernier questionne notamment l'efficacité des rondes nocturnes de surveillance des voies et la vitesse à laquelle roulait le train sur "un secteur reconnu dangereux". "On ne veut pas des têtes, juste que tout le monde soit là" au tribunal, a de son côté assuré l'avocat de l'association, Gérard Chemla.