Des victimes et des membres de la SNCF à la gare de Brétigny-sur-Orge (Essonne) après le déraillement du Paris-Limoges, le 12 juillet 2013.
Des victimes et des membres de la SNCF à la gare de Brétigny-sur-Orge (Essonne) après le déraillement du Paris-Limoges, le 12 juillet 2013. (MARTIN BUREAU / AFP)

Alors que la polémique sur les caillassages et les vols survenus aux abords de la gare de Brétigny-sur-Orge (Essonne) ne s'éteint pas, francetv info a interrogé Jean-Robert Barroux, rencontré par notre confrère de France 2 Hugo Clément. Ce rescapé du Paris-Limoges qui a déraillé, vendredi 12 juillet, raconte avoir vu un jeune homme en train d'essayer de voler sa femme.

Francetv info : Où étiez-vous après l'accident ?

Jean-Robert Barroux : C'était environ deux heures après le drame [donc vers 19h30]. On était sur le côté gauche de la gare et on a senti une tension monter lorsque les CRS sont venus pour élargir le périmètre de sécurité, après l'évacuation des grands blessés. On s'est alors dirigés du côté droit. Au total, dans le périmètre de sécurité, il devait y avoir deux cents personnes entre les voyageurs, les secours, les policiers et les journalistes.

Que s'est-il passé alors ?

Pendant que j'étais justement en train d'accorder une interview, j'ai vu quelqu'un se coller à ma femme. Au début, je croyais qu'il voulait entendre ce que je disais. Mais j'ai vu que cet adolescent, qui doit avoir entre 15 et 18 ans, essayait de glisser sa main dans le sac de mon épouse. C'était très discret, comme un pickpocket. Aussitôt, j'ai mis fin à l'interview, je suis allé vers lui en lui lançant "Qu'est-ce que tu fais ?" Alors il est parti, s'est fondu dans la foule. Et je ne l'ai plus revu. 

Ce n'était pas une victime ?

Non, je ne pense pas. Il était en short blanc avec un tee-shirt. Il n'avait pas de sac à dos. Il était venu les mains dans les poches. Il ressemblait vraiment à un badaud. Surtout, il n'avait rien à faire dans le périmètre de sécurité.

Quand j'ai entendu, après l'accident, que des individus en avaient profité pour essayer de commettre des vols, j'ai été choqué. Jamais je n'aurais pensé qu'on pourrait penser à cela dans de telles circonstances. Mais je préfère garder plutôt l'image fraternelle : il y a eu des gestes héroïques de la part de personnes qui étaient à la gare. Par exemple, juste après l'accident, alors qu'une caténaire était au sol, j'ai vu des jeunes gens traverser les voies pour aider des victimes à sortir du train.