Protection sociale : sept Français sur dix voient dans la lutte contre l'assistanat une priorité

Selon un sondage Ipsos-Sopra Steria pour Radio France et France Télévisions dévoilé mercredi, seuls 29% des Français souhaitent aller vers plus de solidarité en matière de protection sociale.

Un panneau de la Caisse d\'allocations familiales dans le Nord-Pas-de-Calais, en avril 2015
Un panneau de la Caisse d'allocations familiales dans le Nord-Pas-de-Calais, en avril 2015 (PHILIPPE HUGUEN / AFP)
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Sandrine Etoa-AndegueRadio France

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C'est le premier enseignement à tirer de l'enquête Ipsos-Sopra Steria pour Radio France et France Télévisions révélée mercredi 15 mars : pour près de deux tiers des Français (65%), le système de protection sociale fonctionne "bien" aujourd’hui en France. Mais derrière cette satisfaction globale émergent plusieurs critiques. Plus de trois quarts des personnes interrogées (78%) estiment ainsi qu'elles contribuent plus au système de protection sociale qu'elles n'en bénéficient. Un système, qui, pour 68% des Français, décourage les citoyens de faire des efforts.

Des critiques à droite comme à gauche

Interrogés sur les réformes et aménagements possibles, plus de sept sondés sur dix (71%) estiment que la priorité réside dans la lutte contre l’assistanat, quand seulement près de trois personnes interrogées sur dix (29%) mettent en avant la nécessité d’aller vers plus de solidarité.

Très présentes parmi les électeurs de droite, ces critiques trouvent également un fort écho chez les électeurs de gauche. Si 86% des électeurs de François Fillon et 84% des électeurs de Marine Le Pen estiment que le système de protection sociale français décourage les citoyens de faire des efforts, il faut noter que c'est également le cas de 60% des électeurs d'Emmanuel Macron, de 46% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon et de 42% des électeurs de Benoît Hamon.

Peu de Français font confiance à François Fillon en matière de protection sociale

La question de la protection sociale constitue un enjeu majeur dans la campagne présidentielle. En la matière, cette enquête Ipsos-Sopra Steria révèle que les Français approuvent la plupart des propositions des candidats sur le sujet. Plus de trois quarts (76%) des sondés se déclarent par exemple en faveur de la suppression des allocations chômage pour ceux qui ne recherchent pas activement un emploi. Concernant l'ouverture des droits au chômage pour les salariés qui démissionnent de leur plein gré, 63% des Français l'approuvent. Seuls le recul de l’âge de départ à la retraite à 65 ans et la création progressive d’un revenu universel d’existence, proposition chère à Benoît Hamon, sont majoritairement rejetés, respectivement par 62% et 63% des personnes interrogées.

Les principaux candidats à l'élection présidentielle bénéficient d'un niveau de confiance très proche en matière de protection sociale. Seul François Fillon se révèle en retrait : seuls 26% des Français lui accordent leur confiance sur cette thématique.

Enquête Ipsos-Sopa Steria réalisée auprès d’un échantillon de 1 000 Français, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Les personnes sondées ont été interrogés par Internet les 9 et 10 mars.