Abstention, déception et désintérêt : trois enseignements à tirer du vote des Français au premier tour de la présidentielle

Alors que le premier tour de la présidentielle livre son verdict, franceinfo fait le point sur les principales caractéristiques du vote des Français.

(CONSTANT FORM?-B?CHERAT / HANS LUCAS)
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Les urnes ont livré leur verdict : Emmanuel Macron et Marine Le Pen seront au second tour de l'élection présidentielle. Comment les Français ont-ils abordé le scrutin et quelles ont été leurs motivations ? Pour mieux saisir le scrutin, voici quelques enseignements compilés à partir d'une enquête d'Ipsos/Sopra Steria*, parue dimanche 23 avril.

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Des abstentionnistes déçus par les politiques

Sans franchir un nouveau record, l'abstention est encore importante : selon une estimation Ipsos/Sopra Steria, elle s'élève à 22,7% (contre 16,2% en 2007 et 20,5% en 2012). Les Français abstentionnistes interrogés par Ipsos/Sopra Steria citent plusieurs raisons pour expliquer leur choix. Quelque 41% des sondés qui ne se sont pas rendus aux urnes jugent que "les hommes et les femmes politiques [les] ont trop déçus". Par ailleurs, 20% des abstentionnistes interrogés estiment que "quel que soit le résultat de l'élection (...), cela ne changera rien". Et presque autant (19%) jugent qu'"aucun des programmes des candidats ne paraît convaincant".

Un engouement modéré pour les candidats...

Parmi les Français affirmant être certains d'aller voter dimanche, seul un sur deux a voulu soutenir un candidat qui lui convenait. Un tiers des sondés avaient l'intention d'aller dans un bureau d'abord par "devoir civique", mais sans avoir été véritablement convaincus par un candidat. Enfin, 15% des votants voulaient "empêcher qu'un candidat soit présenté au second tour".

    
     (IPSOS/SOPRA STERIA)

...et pour la campagne électorale

La campagne électorale est sévèrement jugée par les Français interrogés. Près de deux tiers d'entre eux l'ont jugée "pas intéressante" et seulement 8% l'ont trouvée "très intéressante". Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon sont les plus cléments (46% ont apprécié l'intérêt de la campagne), quand ceux de Nicolas Dupont-Aignan sont les plus critiques (29%).

     
      (IPSOS/SOPRA STERIA)

*Enquête réalisée par Ipsos/Sopra Steria du 19 au 22 avril auprès de 4 698 personnes inscrites sur les listes électorales, constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.